Le rendez-vous salarial de la fonction publique, très attendu, a tourné court ce mercredi 8 juillet. Les organisations syndicales ont quitté la table des négociations dès la mi-journée, jugeant les propositions gouvernementales insuffisantes. Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, avait pourtant prévenu d’emblée : le contexte budgétaire particulièrement contraint ne permet aucun coup de pouce généralisé sur le point d’indice. Ce dernier reste donc gelé pour 2027, après deux revalorisations successives en 2022 (+3,5 %) et 2023 (+1,5 %), et un statu quo depuis 2024. Selon les chiffres présentés aux partenaires sociaux, une hausse de 1 % du point d’indice coûterait près de 2,4 milliards d’euros.
« Les agents publics financent la dette du pays »
Le décrochage du pouvoir d’achat des fonctionnaires, depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, est estimé à 10 % par Luc Farré, secrétaire général de l’UNSA Fonction publique. « Les agents publics financent la dette du pays, car c’est bien sur nos salaires que le gouvernement fait des économies », a-t-il déclaré. Les syndicats réclamaient notamment le retour de la prime Gipa (garantie individuelle du pouvoir d’achat), mais se sont heurtés à une fin de non-recevoir. Luc Farré a qualifié cette concertation de « pas une négociation », ajoutant que « tout cela se décidera de manière unilatérale au sein du gouvernement ».
Des mesures pour valoriser l’expérience et les promotions
L’exécutif n’est pourtant pas arrivé les mains vides. David Amiel a annoncé une refonte des règles de classement lors d’un changement de corps, visant à mieux prendre en compte l’expérience professionnelle acquise. Concrètement, un agent qui change de catégorie pourrait être classé à un échelon supérieur, avec jusqu’à 75 points d’indice supplémentaires selon les cas. « L’idée est de valoriser l’expérience passée et de la traduire en termes de rémunération », a expliqué l’entourage du ministre, reconnaissant que « la progression de carrière et l’expérience ne paient plus », ce qui constitue un facteur de « malaise » chez les agents. Cette mesure doit entrer en vigueur dès 2027 et concerner plus de 30 000 agents de l’État chaque année.
Par ailleurs, le gouvernement souhaite poursuivre la hausse des taux de promotion interne, en l’étendant aux corps de catégorie A, notamment les ingénieurs de l’État. Un chantier doit être ouvert à l’automne 2026 sur les quotas de promotion interne afin de fluidifier les passages de catégorie C vers B, et de B vers A.
Mobilisation annoncée fin septembre
Face à ce qu’ils considèrent comme un recul de leur pouvoir d’achat, les syndicats ont appelé à une journée de mobilisation nationale à la fin du mois de septembre. Ils estiment que les mesures proposées par le gouvernement, bien que non négligeables, ne compensent pas l’érosion salariale subie depuis plusieurs années. La question du point d’indice reste le principal point de crispation, les organisations syndicales dénonçant un choix budgétaire qui pénalise l’ensemble des agents publics.