L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé, jeudi 9 juillet 2026, la restitution des droits de vote de la Syrie au sein de l’institution, cinq ans après leur suspension. Cette décision, adoptée par consensus lors d’une session du conseil exécutif, a été cosignée par 67 États parties.
Dans un communiqué officiel, l’OIAC a justifié ce retournement par « un changement significatif des circonstances » depuis la chute du régime de Bachar el-Assad fin 2024. « Les nouvelles autorités syriennes se sont engagées à remplir les obligations de la Syrie au titre de la Convention et ont depuis pris des mesures concrètes pour coopérer avec le Secrétariat technique afin d’atteindre cet objectif », précise le texte.
Des progrès concrets en matière de désarmement
Parmi les actions saluées par l’OIAC figurent la modification de la déclaration initiale des stocks d’armes chimiques, la préparation d’accords sur les sites concernés, la facilitation des activités de vérification et les premières étapes de destruction des vestiges identifiés. Le directeur général de l’OIAC, Fernando Arias, a déclaré que ces décisions « reflètent les progrès tangibles réalisés grâce à une coopération continue et à un engagement constructif entre le Secrétariat technique et la République arabe syrienne, avec le soutien de l’ensemble des États parties ».
La Syrie avait adhéré à l’OIAC en 2013, dans la foulée d’une attaque chimique présumée dans la banlieue de Damas, à Ghouta, qui avait suscité une vive émotion internationale. Le pays s’était alors engagé à détruire son arsenal, estimé à environ 1 000 tonnes de toxiques, sous supervision de l’organisation. En 2021, ses droits de vote lui avaient été retirés en raison de l’incapacité du régime d’alors à déclarer l’intégralité de son programme chimique et de l’usage répété de gaz toxiques durant la guerre civile.
Un contexte politique bouleversé
La restauration des droits de vote intervient dans un paysage politique syrien radicalement transformé. Le président Ahmed al-Charaa, à la tête des nouvelles autorités, a multiplié les gestes d’ouverture envers la communauté internationale, notamment en facilitant les inspections et en amorçant la destruction des armes restantes. Ce changement a été reconnu par l’OIAC comme un facteur déterminant.
La décision du conseil exécutif permet désormais à la Syrie de participer aux votes et aux prises de décision au sein de l’organisation, une avancée symbolique et pratique qui confirme la normalisation progressive de ses relations avec les instances internationales dans le domaine du désarmement.