Le gouverneur de la Banque d’Angleterre (Bank of England, BoE), Andrew Bailey, a mis en garde contre le risque d’un rationnement de l’accès à l’intelligence artificielle (IA) si les capacités de calcul et les ressources électriques venaient à être insuffisantes. Ses propos, tenus début juin, interviennent alors que la demande en infrastructures pour l’IA croît de façon exponentielle à l’échelle mondiale.

Des infrastructures sous tension

Selon Andrew Bailey, la consommation énergétique des centres de données dédiés à l’IA ainsi que la disponibilité des puces et composants électroniques pourraient constituer des goulots d’étranglement. Dans un tel contexte, il n’exclut pas que des mécanismes de rationnement soient envisagés pour allouer les ressources disponibles entre différents usages ou utilisateurs.

Le gouverneur a notamment souligné que la croissance rapide de la demande en puissance de calcul, couplée aux délais de construction de nouvelles infrastructures, expose le secteur à des pénuries temporaires. Il a également mentionné les préoccupations concernant l’empreinte environnementale des data centers, qui pourrait accentuer les pressions réglementaires sur leur déploiement.

Un enjeu pour la stabilité financière

Bien que l’intervention de Bailey ait porté principalement sur les aspects technologiques et énergétiques, elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’impact de l’IA sur l’économie et la stabilité financière. La Banque d’Angleterre suit de près l’évolution de ce secteur, considérant que des ruptures d’approvisionnement en capacités de calcul pourraient affecter des institutions financières de plus en plus dépendantes de l’IA.

Bailey n’a pas précisé quelle forme ce rationnement pourrait prendre – prix, files d’attente, priorités sectorielles –, mais il a insisté sur la nécessité d’une anticipation et d’une coordination entre régulateurs, fournisseurs d’énergie et acteurs technologiques.

Des précédents dans l’histoire des réseaux

Cette mise en garde rappelle les épisodes de limitation d’accès à d’autres ressources numériques par le passé, comme la pénurie d’adresses IP ou la congestion du trafic internet, qui avaient conduit à des mécanismes de régulation technique ou économique. Le gouverneur a implicitement comparé la situation actuelle à celle des débuts d’Internet, où la capacité limitée des réseaux imposait une forme de partage contraint.

Absence de réponse officielle à ce stade

Aucune réaction des principaux fournisseurs de services d’IA ou des autorités britanniques en charge de l’énergie n’a été rendue publique dans les jours suivant cette déclaration. La Banque d’Angleterre n’a pas non plus communiqué de plan d’action spécifique, laissant entendre que l’alerte vise avant tout à ouvrir un débat prospectif.

Conclusion

Les propos d’Andrew Bailey relancent le débat sur la soutenabilité de la course à l’IA, alors que les investissements dans les infrastructures atteignent des montants records. Ils appellent à une réflexion collective sur la manière d’éviter que l’essor de l’IA ne se heurte à des limites physiques et énergétiques susceptibles d’en freiner, voire d’en perturber, le déploiement.