Rejet catégorique de l'accord

Le Hezbollah, formation armée soutenue par l'Iran et considérée comme terroriste par plusieurs Occidentaux, a annoncé son refus des modalités du cessez-le-feu signé entre les gouvernements libanais et israélien. Dans une déclaration télévisée, le chef du mouvement, Naïm Qassem, a estimé que la trêve devait être « complète, sans que l'ennemi israélien ait la liberté de tuer ». Il a également pressé les autorités libanaises, qui n'ont qu'une influence limitée sur les activités du Hezbollah, de cesser toute négociation directe avec Israël.

Position inflexible d'Israël

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a pour sa part réaffirmé que les soldats israéliens demeureraient stationnés dans le sud du Liban, près de la frontière, et qu'aucun citoyen libanais ne serait autorisé à réintégrer son domicile dans cette zone. L'accord de cessez-le-feu prévoyait pourtant un arrêt des hostilités de la part du Hezbollah et l'évacuation de ses combattants du secteur méridional. En réaction, Naïm Qassem a lancé : « Tant que l'occupation existera, la résistance continuera. »

Divisions politiques aux États-Unis

Parallèlement, la Chambre des représentants américaine a adopté pour la première fois une résolution sur les pouvoirs de guerre visant à limiter l'engagement militaire des États-Unis dans le conflit, qui dure depuis trois mois. Quatre élus républicains se sont joints aux démocrates pour voter en faveur du texte. Le président Donald Trump a immédiatement balayé ce vote, le qualifiant de « dénué de sens ». Sur les réseaux sociaux, il a écrit que la Chambre avait voté « 4 mauvais républicains et tous les Démocrates (sic) » pour limiter ses prérogatives en pleine négociation finale avec la République islamique d'Iran. Ce scrutin illustre les fractures croissantes au sein du paysage politique américain.

Exigence iranienne de retrait

De son côté, le commandant de la force Qods, branche extérieure du Corps des gardiens de la révolution islamique, a pris position. Esmail Qaani a déclaré que l'armée israélienne devait se retirer sur les positions qu'elle occupait au Liban avant le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. « Soutenir la résistance au Liban est le devoir de tous, et chasser Israël de la région est un objectif réalisable pour les musulmans », a-t-il affirmé.

Contexte d'un conflit régional élargi

Le Hezbollah est considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, l'Allemagne et plusieurs pays arabes sunnites, tandis que l'Union européenne ne classe que sa branche armée dans cette catégorie. La trêve conclue entre le Liban et Israël, négociée par Washington, ne semble donc pas en mesure d'apaiser les tensions, alors que les positions des différents acteurs restent antagonistes. Le sort des populations civiles du sud du Liban, privées de retour chez elles, demeure l'une des pierres d'achoppement majeures de ce processus de paix fragile.