Le ministère libanais des Affaires étrangères a annoncé, dimanche, avoir saisi l’Organisation des Nations unies (ONU) afin de dénoncer une action qu’il qualifie de violation grave. Selon un communiqué officiel, l’État hébreu aurait procédé, en février, à la pulvérisation de glyphosate « à des niveaux de concentration élevés » sur le territoire libanais, à proximité de la frontière commune.
Cet herbicide, classé comme « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS, fait l’objet de controverses sanitaires et environnementales depuis des années. Les autorités libanaises estiment que cette opération constitue une atteinte à la souveraineté nationale et un danger pour les populations civiles ainsi que pour les écosystèmes locaux.
Des divergences sur la nature de la substance
La Mission intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) avait précédemment rapporté avoir été avertie par l’armée israélienne de son intention d’épandre une « substance chimique non toxique » près de la ligne bleue de séparation. La formulation employée par Beyrouth contredit directement cette caractérisation, en affirmant qu’il s’agit d’un produit phytosanitaire dangereux utilisé à des doses inhabituelles.
Les autorités libanaises n’ont pas précisé si des analyses indépendantes des sols ou de l’eau ont été réalisées pour confirmer leurs allégations, mais elles insistent sur la nécessité d’une enquête internationale. La saisine de l’ONU vise à obtenir une évaluation neutre des faits et, le cas échéant, une condamnation de ce qu’elles considèrent comme un acte hostile.
Contexte de tensions persistantes
Cet incident s’inscrit dans un climat de fortes tensions entre les deux pays, marqué par des échanges de tirs réguliers et des incursions terrestres. La région frontalière, contrôlée en partie par le Hezbollah, est régulièrement le théâtre d’affrontements. L’utilisation d’un herbicide chimique ajoute une dimension environnementale et sanitaire à un conflit déjà complexe.
Aucune réaction officielle israélienne n’a été rapportée dans les sources disponibles à ce stade. La Finul, déployée le long de la ligne de démarcation pour maintenir le cessez-le-feu, n’a pas commenté la plainte libanaise depuis sa transmission.
Une procédure diplomatique en cours
La démarche libanaise auprès des instances onusiennes pourrait déboucher sur une mission d’observation ou une résolution du Conseil de sécurité si des preuves suffisantes venaient à être produites. En attendant, Beyrouth exhorte la communauté internationale à se prononcer sur un geste qu’elle juge irresponsable dans un contexte déjà fragilisé.