Le maire de La Courneuve et député de Seine-Saint-Denis, Aly Diouara, a été reconnu coupable de diffamation publique envers Oumarou Doucouré, son concurrent socialiste lors des dernières élections municipales. La chambre des appels correctionnels de Paris a rendu cette décision le 11 juin, confirmant le jugement de première instance.

Les faits reprochés

En février dernier, en pleine campagne pour les municipales de 2026, Aly Diouara avait affirmé dans un communiqué que l’équipe de son adversaire socialiste avait fait distribuer des « enveloppes d’argent lors d’une réunion publique », en présence de Stéphane Troussel, président (PS) du conseil départemental. Il accusait également cette même équipe d’avoir « distribué des colis alimentaires en échange de voix ».

Lors de l’audience du 7 mai devant la cour d’appel, l’élu insoumis avait maintenu ses propos, expliquant avoir reçu de nombreux témoignages faisant état de distributions d’enveloppes d’argent à des notables de la communauté comorienne et de colis alimentaires lors d’un porte-à-porte. Il dénonçait ce qu’il qualifiait de clientélisme.

La sanction

La cour d’appel a condamné Aly Diouara à 500 euros d’amende avec sursis et à verser un euro de dommages-intérêts à Oumarou Doucouré. En première instance, le tribunal l’avait également condamné à 500 euros avec sursis, mais à 3 000 euros de dommages-intérêts. La défense du député-maire a souligné que la cour avait « réduit très drastiquement le montant du préjudice alloué ».

Les réactions

« J’envisage tout simplement, très fortement de me pourvoir en cassation », a réagi Aly Diouara après le verdict. Il souhaite « prouver que la partie liée à la distribution des colis alimentaires n’était pas farfelue et diffamatoire ».

De son côté, Oumarou Doucouré s’est dit « satisfait que cette condamnation ait été confirmée, ce qui permet à la fois de laver mon honneur mais également aussi celui des Courneviens et des Courneviennes ». Il a estimé que « justice est faite ».

Un volet disjoint

Par ailleurs, la cour d’appel a confirmé la relaxe d’Aly Diouara concernant Stéphane Troussel. Elle a jugé que la qualification juridique retenue contre l’élu insoumis de ce chef était « erronée », car le président du conseil départemental n’était « pas visé en raison de ses fonctions électives ».