Le chêne emblématique de la forêt de Sherwood, connu sous le nom de Major Oak, n’a pas survécu à son dernier hiver. Les spécialistes estiment que cet arbre millénaire, qui aurait servi de cachette au légendaire Robin des Bois, est mort après avoir connu un premier printemps sans feuillage.
Géré par la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB), le site forestier accueillait des millions de visiteurs venus admirer ce géant végétal. L’organisation de protection de la nature a confirmé que, même s’il est difficile d’établir une cause unique, plusieurs facteurs ont précipité son déclin. Parmi ceux-ci figurent «des décennies d’interventions structurelles bien intentionnées et une activité humaine intense» autour du tronc, auxquels s’ajoutent les effets du changement climatique, notamment les récentes vagues de chaleur et sécheresses.
Un monument maintenu sur pied
Malgré sa mort biologique, le Major Oak ne sera pas abattu. La RSPB a annoncé qu’il restera en place, conservé comme monument pour la faune et les promeneurs. Des jeunes pousses issues de ses glands ont déjà été plantées dans plusieurs pays, assurant une descendance à cet arbre plusieurs fois centenaire.
L’histoire du Major Oak remonte à la fin du XVIIIe siècle. C’est le major Hayman Rooke, un ancien officier de l’armée britannique installé à Mansfield Woodhouse, qui le mentionne dans un ouvrage publié en 1790. Ce livre est à l’origine des premiers flux touristiques vers Sherwood Forest, transformant l’arbre en attraction mondiale.
Une source d’inspiration intarissable
La légende veut que le hors-la-loi Robin des Bois se soit caché dans le tronc creux de ce chêne, une cavité provoquée par des champignons et non par l’homme. Au fil des siècles, l’arbre a nourri l’imaginaire collectif, devenant le sujet de contes, de poèmes et de tableaux.
L’actrice britannique Judi Dench, ambassadrice du Woodland Trust et connue pour son attachement aux vieux chênes, a rendu hommage au Major Oak. «Il a inspiré d’innombrables histoires, poèmes, peintures et personnes pendant plus de mille ans, tout en étant lui-même grouillant de vie et offrant un foyer à une immense variété d’animaux sauvages», a-t-elle déclaré. Elle a également planté récemment dans son jardin un jeune chêne issu de la forêt de Sherwood, aux côtés d’une bouture de l’arbre de Sycamore Gap.
Un héritage vivant
La mort du Major Oak marque la fin d’un symbole naturel, mais son héritage perdure à travers les jeunes arbres qui perpétuent sa lignée. La RSPB invite le public à partager ses souvenirs de cet arbre mythique, tandis que les défenseurs de l’environnement espèrent que cette disparition incitera à renforcer la protection juridique des arbres anciens au Royaume-Uni.