Le Mouvement des entreprises de France (Medef) a convié le président argentin Javier Milei à ses universités d'été, qui se tiendront les 26 et 27 août au stade Roland-Garros, à Paris. L'information a été confirmée par des sources internes à l'organisation, qui précisent que des discussions sont en cours depuis plusieurs semaines, mais que la présence effective du dirigeant sud-américain n'est pas encore assurée.

Javier Milei, figure de l'ultralibéralisme libertaire, a été élu à la tête de l'Argentine fin 2023 sur un programme de dérégulation radicale de l'économie, de coupes budgétaires massives et de remise en cause de l'État-providence. Son invitation par la première organisation patronale française constitue un signal fort, alors que le Medef multiplie les gestes de rapprochement avec les partis d'extrême droite.

Un virage idéologique assumé

Ces dernières semaines, le président du Medef, Patrick Martin, a déjeuné successivement avec la cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, puis avec le président du même parti, Jordan Bardella. Ces rencontres, intervenues dans un contexte de recomposition politique, avaient déjà suscité des critiques au sein du monde patronal et au-delà. L'invitation de Javier Milei semble prolonger cette dynamique, en associant désormais l'organisation à une figure politique étrangère ouvertement hostile aux droits sociaux et aux régulations publiques.

Si le Medef justifie ce choix par la volonté d'entendre des discours économiques alternatifs, des voix internes s'interrogent sur la direction idéologique prise par l'institution. Certains observateurs y voient une tentative de capter un électorat d'entrepreneurs séduits par les thèses ultralibérales, tandis que d'autres dénoncent une normalisation de l'extrême droite dans les sphères économiques.

Des implications politiques et économiques

L'arrivée éventuelle de Javier Milei à Paris interviendrait dans un climat politique français marqué par la montée des formations nationalistes et la fragmentation du paysage partisan. Pour les opposants, cette invitation symbolise un alignement du Medef sur des valeurs à l'opposé du dialogue social et de la régulation publique, socles historiques du modèle français. Les soutiens, eux, mettent en avant la nécessité d'explorer des solutions de rupture face à une économie jugée trop administrée.

L'événement est prévu sur deux jours, avec des ateliers, des conférences et des rencontres entre dirigeants d'entreprise, responsables politiques et experts. La confirmation de la venue de Javier Milei est attendue dans les prochaines semaines. D'ici là, le débat sur la place de l'extrême droite dans le dialogue économique français risque de s'intensifier.