Deux semaines après que les autorités américaines ont exigé la suspension des deux systèmes d'intelligence artificielle les plus puissants d'Anthropic, la jeune pousse chinoise Z.ai a mis sur le marché un modèle baptisé GLM-5.2. Ses performances sont jugées proches de celles des modèles Fable et Mythos d'Anthropic, mais son utilisation coûte nettement moins cher, sans aucune restriction venue des États-Unis. Le modèle a rapidement intégré le classement des dix modèles les plus populaires au monde, une liste où figurent désormais six créations chinoises.

Un contexte favorable à l'essor des IA chinoises

L'arrivée de GLM-5.2 survient alors que les entreprises américaines cherchent à réduire leurs dépenses liées à l'intelligence artificielle. Parallèlement, des inquiétudes grandissent dans la Silicon Valley quant à une possible régulation plus stricte de la part de l'administration Trump. Dans ce climat, le nouveau modèle de Z.ai apparaît comme une alternative économique et immédiatement accessible. « Avec la restriction de Fable, l'écart entre les États-Unis et la Chine est très mince », observe Rehaan Ahmad, cofondateur de la start-up californienne alphaXiv, qui utilise GLM-5.2 depuis plus d'une semaine.

Des obstacles à lever

Malgré cet engouement, les modèles chinois se heurtent encore à deux obstacles majeurs pour une adoption massive aux États-Unis. D'une part, des préoccupations persistent quant à leurs liens avec le gouvernement chinois. D'autre part, des voix accusent les entreprises chinoises d'avoir utilisé indûment des technologies américaines pour développer ces modèles à bas coût. Cependant, leur avantage tarifaire semble l'emporter dans l'esprit de nombreux utilisateurs et entreprises.

Un marché en pleine recomposition

Z.ai n'est pas un cas isolé. Elle illustre une tendance plus large : des modèles d'intelligence artificielle chinois, puissants et bon marché, grignotent peu à peu la domination d'OpenAI, d'Anthropic et de Google. Le classement des modèles les plus utilisés montre que six des dix premières places sont occupées par des créations chinoises. Cette progression rapide interroge sur l'équilibre concurrentiel mondial de l'IA, alors que les coûts deviennent un facteur décisif pour les entreprises.

Alors que certains acteurs américains restent prudents face à l'origine de ces technologies, l'appétit pour des solutions moins onéreuses semble devoir continuer à nourrir la percée des acteurs chinois sur le sol américain.