L'habitait de Notre-Dame-des-Millières, en Savoie, se souviendra longtemps de sa première correspondance avec la Caisse d'allocations familiales. Joseph Nicastro, âgé de 41 ans, avait déposé une demande de prime d'activité il y a trois mois. Le 8 juin, il a reçu un courrier de l'organisme. Au lieu de lui annoncer le versement attendu, la lettre lui signifiait une dette de 1 062 026 euros.
« Quand j'ai reçu ça, je me suis dit que ce n'était pas possible. J'ai tout de suite pensé à un problème lié à l'intelligence artificielle », a confié le quadragénaire. Lui qui espérait un coup de pouce pour ses fins de mois s'est retrouvé face à une somme qu'il aurait mis 161 ans à rembourser, selon ses calculs.
Des interlocuteurs peu surpris
Joseph Nicastro a immédiatement tenté de joindre la CAF de la Savoie pour obtenir des explications. Mais ses premiers appels ne lui ont apporté aucune réponse satisfaisante. « Quand j'expliquais ma situation, ça n'avait l'air de choquer personne. Devoir un million d'euros, ça ne doit pourtant pas arriver tous les jours. Il y a forcément une personne qui a validé mon dossier », a-t-il regretté.
Dix jours plus tard, le 18 juin, il a adressé un courriel de réclamation. Ce n'est que le 22 juin qu'il a été rappelé par la CAF. L'organisme a alors reconnu une « erreur du système informatique » et assuré que son dossier avait été régularisé.
La direction régionale s'excuse
Eric Guilhot, directeur technique de la CAF de la Savoie, a confirmé l'incident et présenté ses excuses au bénéficiaire. « Cette erreur a été corrigée. J'ai contacté Monsieur Nicastro pour l'informer, le rassurer et lui présenter nos excuses », a-t-il déclaré. Il a précisé que la CAF de la Savoie verse chaque mois près de 1,3 million d'euros à 78 000 allocataires et a qualifié cet événement d'« exceptionnel » et d'« isolé », ajoutant que toute l'attention nécessaire était apportée pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise.
Si l'épisode s'est conclu rapidement, il illustre les conséquences que peut avoir une défaillance informatique dans les systèmes de gestion des prestations sociales. Pour Joseph Nicastro, l'essentiel est que l'erreur soit effacée, mais il reste marqué par la légèreté apparente des premiers interlocuteurs face à une réclamation pourtant hors du commun.