Un avertissement de l’OMM
Dans son dernier rapport sur le climat à l’échelle mondiale, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) estime à 86 % la probabilité que la température moyenne mondiale dépasse le seuil de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels (1850-1900) au cours d’au moins une des cinq prochaines années. Ce seuil est celui fixé par l’Accord de Paris comme limite à ne pas dépasser à long terme. L’OMM précise toutefois que l’objectif de l’Accord de Paris se réfère à des moyennes sur vingt ans et qu’il n’est donc pas encore considéré comme définitivement franchi.
Selon le rapport intitulé « Global Annual to Decadal Climate Update », la planète connaîtra probablement des températures comprises entre 1,2 °C et 1,9 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle au cours des cinq prochains exercices annuels. D’après l’OMM, 2024 a déjà été l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec une température moyenne estimée entre 1,34 °C et 1,41 °C de plus qu’à l’ère préindustrielle. Le nouveau rapport indique qu’il y a 80 % de chances qu’au moins une des années comprises entre 2025 et 2029 dépasse encore ce record.
Un risque de dépassement durable
L’étude relève que la température moyenne sur vingt ans (2015-2034) devrait atteindre environ 1,44 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Surtout, elle évalue à 70 % la probabilité que la moyenne quinquennale (2025-2029) elle-même excède le seuil de 1,5 °C. La probabilité qu’une année dépasse 2 °C de réchauffement est estimée à 1 %.
Ces projections constituent un signe d’alerte alors que la communauté internationale s’était engagée à « poursuivre les efforts pour limiter l’élévation de la température à 1,5 °C » dans le cadre de l’Accord de Paris. Le fait que des dépassements temporaires deviennent très probables n’implique pas un échec définitif de l’accord, mais souligne l’urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Impacts régionaux contrastés
Le rapport de l’OMM prévoit également des conséquences différenciées selon les régions. Des précipitations plus abondantes que la moyenne sont attendues dans le Sahel africain, en Europe du Nord et en Asie du Sud. À l’inverse, la région amazonienne pourrait connaître une poursuite des conditions de sécheresse.
L’Arctique se réchauffe plus vite
La situation est particulièrement préoccupante dans l’Arctique. L’OMM estime que la température moyenne de cette région pendant les cinq prochains hivers (novembre à mars) sera supérieure de 2,4 °C à la moyenne de la période 1991-2020. Ce réchauffement est plus de trois fois et demie plus rapide que la moyenne mondiale, ce qui accélère la fonte des glaces et modifie les écosystèmes.
Ces prévisions confirment la tendance à une accélération du changement climatique et appellent à une action renforcée de la part des gouvernements et des acteurs économiques.