Alors que les dirigeants européens se retrouvent ce vendredi au Monténégro pour un sommet consacré à l’élargissement, le pays hôte multiplie les signaux de bonne volonté. Le Premier ministre Milojko Spajic, un ancien banquier de Goldman Sachs rompu aux tournées de séduction des investisseurs, veut convaincre les Vingt-Sept que sa petite république des Balkans est prête à rejoindre l’Union européenne d’ici deux ans.
« La France nous aide beaucoup, tant au niveau technique que dans notre travail de conviction des Vingt-Sept », a-t-il confié la semaine dernière à Paris, au lendemain d’un entretien avec Emmanuel Macron. Le chef de l’État français a à son tour fait le déplacement ce vendredi au bord de l’Adriatique pour participer au sommet.
Des réformes accélérées
Milojko Spajic a promis de faire voter dès cette année l’ensemble des réformes demandées par la Commission européenne. Ce calendrier serré représente « une quantité de travail folle », a reconnu le Premier ministre, qui espère ainsi voir son pays adhérer à l’Union en 2028. Le Monténégro, qui a ouvert les négociations d’adhésion il y a plus d’une décennie, cherche à se présenter comme le bon élève de la région face aux autres candidats des Balkans occidentaux.
L’objectif de 2028 est ambitieux : il suppose que Podgorica boucle rapidement les derniers chapitres de négociation et que l’ensemble des États membres donne leur feu vert. Pour l’heure, le pays bénéficie d’un soutien affirmé de la France, qui apporte une assistance technique et diplomatique.
Un sommet sous le signe de l’élargissement
Le sommet UE-Balkans occidentaux, qui se tient cette année au Monténégro, place l’élargissement au cœur des discussions. Les dirigeants européens y examinent les progrès des différents candidats et les conditions d’une intégration accélérée. La tenue même de la réunion à Podgorica est un signal politique fort adressé à la région.
Pour le Monténégro, l’enjeu est double : conforter son avance sur ses voisins et maintenir la dynamique des réformes face à un processus d’adhésion réputé long et exigeant. Le pays, qui compte environ 620 000 habitants, espère que son alignement sur les standards européens en matière d’État de droit, d’économie et de gouvernance lui permettra de franchir la ligne d’arrivée dans les délais annoncés.