Le nombre de personnes déplacées de force dans le monde a connu une inflexion inédite l’an dernier. Pour la première fois depuis dix ans, ce chiffre global a baissé, s’établissant à environ 118 millions d’individus, selon les données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Un recul attribué aux retours

Cette diminution s’explique par une hausse notable des retours, tant de réfugiés que de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Le HCR fait état de « une forte augmentation des retours des réfugiés » dans leurs régions ou pays d’origine. Les dynamiques observées en Afghanistan, en République démocratique du Congo, au Soudan et en Syrie ont contribué à cette tendance.

Cependant, l’organisation onusienne nuance ce constat positif. Elle précise que ces retours se déroulent souvent « sous diverses formes de pression, vers des pays où l’insécurité persiste ». La situation sur le terrain reste précaire pour de nombreuses familles contraintes de rentrer dans des zones encore fragiles.

Une décennie de hausse continue

Ce repli marque une rupture après une longue période d’aggravation. Depuis le milieu des années 2010, le nombre de déplacés de force n’avait cessé de croître, alimenté par des conflits prolongés, des crises politiques et des catastrophes naturelles. Les chiffres avaient atteint des records historiques, dépassant les 120 millions de personnes en 2024.

L’année 2025 constitue donc un tournant statistique, même si le niveau global reste extrêmement élevé. Les 118 millions de déplacés recensés représentent encore une population équivalente à celle d’un grand pays.

Des motifs de prudence

Les experts du HCR soulignent que cette baisse ne signifie pas un règlement des causes profondes de l’exil forcé. Les conflits en cours, l’instabilité politique et les conséquences du changement climatique continuent de provoquer des déplacements massifs dans plusieurs régions du globe. Les retours eux-mêmes ne sont pas toujours synonymes de solutions durables, certaines personnes regagnant des zones où les infrastructures sont détruites et la sécurité minimale.

La communauté internationale est appelée à maintenir ses efforts de protection et d’aide aux réfugiés et déplacés internes, afin d’éviter que ce reflux ponctuel ne soit suivi d’une nouvelle vague de déplacements.