Le nombre de personnes contraintes de fuir leur domicile en raison de guerres ou de persécutions a diminué pour la première fois depuis une décennie, indique un rapport annuel du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) publié jeudi. La baisse, qualifiée de modeste par l'organisation, intervient après plusieurs années consécutives de hausse.
En 2025, près de 118 millions de personnes se trouvaient en situation de déplacement forcé dans le monde, contre environ 123,5 millions l'année précédente, soit un repli d'environ 4,4 %. Ce total inclut quelque 41,6 millions de réfugiés ayant franchi une frontière internationale et près de 70 millions de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays.
Des retours massifs, mais souvent contraints
Le rapport du HCR attribue ce recul principalement à une hausse significative du nombre de retours. Environ 14,7 millions de réfugiés et de déplacés internes sont rentrés chez eux en 2025, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2024. Il s'agit du deuxième chiffre le plus élevé jamais enregistré depuis le début des statistiques il y a plus d'un demi-siècle.
Cependant, l'agence onusienne met en garde contre une interprétation trop optimiste de ces données. « Les retours qui ne sont pas sûrs et les retours dans des pays qui sont involontaires ne sont pas des solutions », a déclaré Barham Salih, chef du HCR, lors d'une conférence de presse à Genève. Ancien fugitif de la répression en Irak, il a souligné que de tels mouvements « risquent de devenir le début d'un nouveau cycle de déplacement ». L'ONU précise qu'une partie importante de ces retours n'a pas été choisie librement par les déplacés.
Syrie et Afghanistan en tête des retours
Plus d'un million de personnes sont retournées en Syrie, où la chute du régime de Bachar al-Assad a ouvert une période de transition incertaine et suscité des espoirs de reconstruction. En Afghanistan, près de deux millions de réfugiés sont rentrés, mais principalement parce qu'ils ont été poussés hors du Pakistan et d'Iran, a précisé le HCR. Ces retours s'effectuent vers un pays appauvri et frappé par une grave crise alimentaire.
Un signal d'alarme pour la communauté internationale
Si la baisse du nombre total de déplacés constitue une première statistique encourageante, les experts du HCR insistent sur la fragilité de cette tendance. Les retours massifs vers des zones encore instables ou des pays en proie à des crises humanitaires risquent de provoquer de nouveaux déplacements à l'avenir. L'organisation appelle à des solutions durables fondées sur la sécurité et la volonté des réfugiés, plutôt que sur des départs forcés ou précipités.