À peine installé au 10 Downing Street, le nouveau chef du gouvernement britannique, Andy Burnham, a annoncé ce mardi 21 juillet sa première décision d'envergure. Dès le 1er octobre prochain, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) appliquée aux factures d'électricité des ménages, actuellement fixée à 5 %, sera supprimée. Cette mesure, présentée comme un « répit » pour les foyers, est financée par l'abandon d'un projet contesté de carte d'identité numérique.
Dans un communiqué diffusé le matin même, avant la tenue de la première réunion du cabinet, le Premier ministre a justifié ce choix par la volonté d'agir rapidement face à la hausse du coût de la vie. « J'ai dit que je voulais donner aux gens un peu de répit, et c'est ce que j'annonce à mon deuxième jour comme Premier ministre », a-t-il déclaré. L'exonération ne concernera toutefois que l'électricité : le gaz reste soumis au même taux, a précisé l'exécutif.
Un financement par le renoncement à un projet polémique
Pour équilibrer cette baisse de recettes fiscales, l'administration Burnham a décidé de mettre un terme au programme de carte d'identité numérique que le précédent gouvernement envisageait de déployer. Ce dispositif, qui visait à centraliser les données personnelles des citoyens dans un identifiant unique, suscitait de vives critiques de la part des associations de défense des libertés publiques et d'une partie de la majorité travailliste. Aucun chiffrage exact du coût du projet ni des économies réalisées n'a été communiqué dans l'immédiat, mais le cabinet estime que les sommes dégagées couvriront intégralement le manque à gagner lié à la suppression de la TVA sur l'électricité.
Une mesure symbolique pour un mandat sous pression
L'annonce intervient alors que le Royaume-Uni fait face à une inflation encore élevée et à des finances publiques qualifiées de « en morceaux » par certains observateurs. Andy Burnham, arrivé au pouvoir après une campagne centrée sur la promesse de « protéger les ménages », cherche à envoyer un signal fort dès les premiers jours de son mandat. En ciblant exclusivement l'électricité, le gouvernement entend réduire la facture énergétique des foyers avant l'hiver, période où la consommation est la plus importante.
L'abandon du projet de carte d'identité numérique, longtemps défendu par les conservateurs comme un outil de modernisation administrative, marque également un changement de cap idéologique. Le nouveau Premier ministre, issu de l'aile gauche du Parti travailliste, avait critiqué ce système pendant la campagne, le jugeant liberticide et coûteux. Sa décision est saluée par les organisations de défense des droits civiques, mais elle pourrait raviver les tensions au sein d'une administration qui devra composer avec des marges de manœuvre budgétaires très réduites.
Les premières réactions politiques restent mesurées. Si l'opposition conservatrice dénonce une mesure « électoraliste » qui ne règle pas les problèmes structurels du système énergétique britannique, des voix au sein de la majorité soulignent au contraire qu'il s'agit d'un premier pas concret vers une baisse du coût de la vie. Le gouvernement n'a pas encore détaillé ses prochaines étapes, mais le cap est donné : pour Andy Burnham, l'urgence sociale prime sur les grands projets technocratiques.