Un nouveau témoignage bouleversant vient éclairer les circonstances de la mort du petit Sam, un bébé palestinien de sept mois tué par balle le vendredi 5 juin 2026 dans la région d'Hébron. Son père, Fahd Abu Haikal, 41 ans, a livré un récit détaillé de la tragédie qui a frappé sa famille, dont plusieurs membres ont également été blessés.

Ce jour-là, Fahd Abu Haikal conduisait sa mère Ferial, 61 ans, de Bethléem vers son domicile à Hébron. À bord du véhicule se trouvaient également son épouse Dania Salameh, 28 ans, son fils aîné Kinan, 11 ans, et le bébé Sam, installé à l'arrière. Alors qu'ils approchaient du quartier de Tel Rumeida, connu pour abriter une importante colonie israélienne et où réside Ferial, un groupe de soldats a surgi de l'obscurité, relate le père de famille.

Un tir unique à travers le pare-brise

Fahd Abu Haikal explique avoir immobilisé le véhicule et levé les mains en signe de non-agression. Malgré ces gestes d'apaisement, un soldat a ouvert le feu en direction de la voiture. Une balle a traversé le pare-brise, transpercé la main du conducteur avant d'atteindre Sam au visage, le tuant sur le coup. Le même projectile a ensuite traversé la mâchoire de Dania Salameh, laissant un éclat métallique logé près de son cœur. Les médecins ont choisi de ne pas retirer ce fragment par crainte d'une intervention chirurgicale trop risquée à proximité d'une artère majeure.

D'après le récit de Fahd Abu Haikal, après avoir constaté la gravité des blessures, les militaires se sont retirés sans porter secours aux victimes ni intervenir. « On a tiré sur nous avec l'intention de tuer. Le soldat qui a tiré se trouvait sur le côté avant gauche du véhicule », a-t-il déclaré.

Des recours juridiques envisagés sans grand espoir

Le père de famille a indiqué son intention de déposer une plainte contre le militaire auteur du tir, mais il se montre peu confiant quant à d'éventuelles poursuites. Il souligne que les soldats ont confisqué les images des caméras de sécurité de la zone après l'incident, et qu'aucune autorité ne l'a contacté pour enquêter sur ce qu'il qualifie de crime. Son fils aîné Kinan, qui attendait avec impatience la naissance de son petit frère, serait désormais dans un état psychologique très difficile.

Le souvenir d'une grand-mère bouleversée

Ferial, la grand-mère du bébé, a également livré un témoignage poignant. Au moment des coups de feu, elle a d'abord cru à des tirs de sommation, avant de réaliser que le projectile avait touché l'enfant. Elle se souvient avoir crié dans la rue, attirant l'attention des passants, et décrit la scène du bébé couvert de sang. Avant de quitter le domicile de son fils, elle avait filmé Sam avec son téléphone, installé dans sa poussette, le jour même de ses sept mois, un anniversaire qu'il ne fêtera jamais.

Un quartier sous tension

Le quartier de Tel Rumeida, où s'est déroulé le drame, est considéré comme l'un des plus oppressants de Cisjordanie pour la population palestinienne, en raison notamment de la présence de colons israéliens. Ferial, qui y vit, a confié craindre que les forces israéliennes ne creusent sous les habitations palestiniennes, comme cela serait le cas dans le quartier de Silwan à Jérusalem, dans le but de s'emparer des terrains. Depuis le 7 octobre 2023, les mesures de restriction israéliennes se sont renforcées dans cette zone, en particulier autour de la mosquée Ibrahimi et de la colonie de Kiryat Arba.

La violence contre les Palestiniens, y compris les enfants, dans la région d'Hébron est en augmentation, selon les informations disponibles. Ce drame s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes en Cisjordanie occupée, où les incidents impliquant des tirs israéliens contre des civils palestiniens sont régulièrement signalés.