Les serveurs du Fidesz, la formation politique de l'ancien dirigeant nationaliste Viktor Orban, ont été saisis mardi 21 juillet par des enquêteurs du parquet, selon un communiqué publié par le parti sur Facebook. L'opération visait l'ensemble du système de communication et les bases de données du parti.

« Des enquêteurs du parquet se sont présentés sans prévenir au centre de données hébergeant les serveurs de Fidesz, avec l'intention de saisir l'ensemble du système de communication et les bases de données du parti », a précisé le parti dans son communiqué, qualifiant cette action de « tyrannie ayant atteint un nouveau niveau ».

Le Fidesz a souligné qu'« il n'y a eu aucun précédent de ce genre en Hongrie depuis 1990 et la fin du communisme ». Un porte-parole de l'ancien Premier ministre Viktor Orban a confirmé que les serveurs de messagerie et de communication avaient été saisis.

Une réaction prudente du Premier ministre

Le Premier ministre hongrois, Peter Magyar, a indiqué sur Facebook avoir pris connaissance de l'opération via l'annonce du Fidesz. « Nous attendons une déclaration du parquet », a-t-il ajouté, sans commenter davantage la procédure en cours.

Cette intervention judiciaire intervient alors que M. Magyar, arrivé au pouvoir en avril 2026 après avoir mis fin à seize ans de gouvernance de Viktor Orban, mène une série de réformes anticorruption. Son gouvernement, porté par une majorité des deux tiers au Parlement, a notamment adopté des mesures visant à récupérer les biens publics « acquis illégalement » et à poursuivre les responsables présumés de corruption.

Un contexte de rupture politique

Le parti Tisza de Peter Magyar avait remporté les élections législatives d'avril sur la promesse d'un « changement de régime », promettant de démanteler le système considéré comme verrouillé par l'ancien pouvoir. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a modifié la Constitution pour empêcher Viktor Orban de se représenter et multiplié les textes législatifs anticorruption.

Le Fidesz a dénoncé ces réformes comme étant « autocratiques », un reproche fréquemment adressé à Viktor Orban durant son mandat. Les observateurs de la corruption estiment que le phénomène est devenu endémique sous l'ancien régime.

Les autorités judiciaires n'avaient pas encore communiqué officiellement sur les motifs précis de cette saisie mardi en fin de journée.