Le pasteur Jin Mingri, également connu sous le nom d'Ezra Jin, fondateur de l'Église de Sion (Zion Church) — une importante communauté protestante non officielle en Chine — a été libéré de détention et a pu se rendre aux États-Unis. Sa fille, Grace Jin Drexel, a confirmé sa libération survenue vendredi, après plus de 250 jours d'incarcération.
Une arrestation dans le cadre d'une offensive antireligieuse
Jin Mingri avait été arrêté en octobre 2025 lors de descentes nocturnes menées à travers la Chine, décrites par des organisations chrétiennes comme l'une des répression les plus sévères contre l'activité religieuse dans l'histoire récente du pays. Trente responsables d'Églises avaient alors été appréhendés. Le pasteur fut par la suite inculpé pour « utilisation illégale de réseaux d'information ». Les autorités chinoises avaient déjà fermé le siège physique de son église à Pékin en 2018, après que celle-ci avait refusé d'installer des caméras de surveillance. Jin Mingri avait alors transféré ses activités en ligne, diffusant ses sermons sur internet, lesquels atteignaient environ 10 000 personnes à travers la Chine, selon sa fille.
Une libération après une intervention diplomatique
La mise en liberté de Jin Mingri survient moins de deux mois après que Donald Trump a soulevé son cas directement auprès de Xi Jinping, lors d'une visite d'État à Pékin en mai. Le président américain avait alors déclaré aux journalistes que son homologue chinois avait affirmé qu'il « examinerait sérieusement le cas du pasteur ». La famille de Jin Mingri a exprimé sa gratitude envers le président Trump et son administration pour « leur leadership exceptionnel », tout en soulignant que cette libération « n'aurait pas pu avoir lieu sans l'intervention directe de Xi Jinping ». Dans un communiqué, elle a ajouté espérer « que cela soit le signe d'un tournant positif pour les croyants en Chine et pour les relations entre nos deux nations ».
Un départ pour les États-Unis
L'organisation de défense des droits ChinaAid, basée aux États-Unis, a confirmé que Jin Mingri était arrivé à Los Angeles après sa libération. Son fondateur, Bob Fu, s'est réjoui de cette nouvelle tout en rappelant que « d'innombrables » pratiquants religieux, dont huit membres de l'Église de Sion, demeurent emprisonnés en Chine. Le ministre chinois des Affaires étrangères n'a pas officiellement commenté l'affaire.
Le contexte plus large
Lors de la même rencontre avec Xi Jinping, Donald Trump avait également évoqué le cas de Jimmy Lai, magnat des médias hongkongais et figure prodémocratie, qui a été condamné en février à vingt ans de prison pour « conspiration en vue de collusion avec des forces étrangères ». Jin Mingri a fondé l'Église de Sion en 2007 avec une vingtaine de fidèles. Elle est devenue l'une des plus grandes Églises non enregistrées de Chine, comptant un réseau d'environ 10 000 personnes réparties dans quarante villes. Le gouvernement chinois exerce un contrôle strict sur la religion et promeut officiellement l'athéisme, poussant les chrétiens à n'appartenir qu'à des Églises agréées par l'État, dirigées par des pasteurs approuvés.