Le pasteur d'une église clandestine chinoise, Jin Mingri, également connu sous le nom d'Ezra Jin, a été libéré vendredi après plus de 250 jours de détention, a annoncé sa fille. Il a depuis quitté la Chine pour les États-Unis. Sa remise en liberté survient moins de deux mois après que le président américain Donald Trump a évoqué son cas directement avec le dirigeant chinois Xi Jinping, lors d'une visite à Pékin en mai.
Jin Mingri, âgé de 57 ans, est le fondateur et pasteur de l'Église de Sion (Zion Church), une église protestante non officielle établie à Pékin en 2007. Celle-ci était devenue l'une des plus grandes églises non enregistrées de Chine, comptant un réseau d'environ 10 000 personnes réparties dans une quarantaine de villes. En 2018, les autorités chinoises avaient officiellement interdit cette église, après qu'elle avait refusé d'installer des caméras de surveillance dans ses locaux. Depuis, nombre de ses congrégations locales avaient été fermées ou sanctionnées.
Détention et chef d'inculpation
En octobre 2025, Jin Mingri avait été arrêté lors d'une série de descentes nocturnes menées dans plusieurs régions de Chine. Ces opérations, décrites par des organisations chrétiennes comme l'une des répressions les plus sévères jamais ordonnées contre les activités religieuses dans l'histoire récente du pays, avaient abouti à l'interpellation d'une trentaine de responsables d'églises.
Le pasteur avait été inculpé pour « utilisation illégale de réseaux d'information ». Après la fermeture de son lieu de culte physique, il avait transféré ses activités en ligne, diffusant des sermons sur internet. Ces diffusions attiraient un large auditoire, atteignant environ 10 000 personnes à travers le pays, selon sa fille.
L'intervention de Donald Trump
Le cas de Jin Mingri a été soulevé par Donald Trump lors de son entretien avec Xi Jinping à Pékin en mai 2026. Le président américain avait fait état de deux dossiers : celui du pasteur et celui de Jimmy Lai, magnat des médias hongkongais et figure de la contestation pro-démocratie, détenu à Hong Kong. Après la rencontre, Donald Trump avait indiqué aux journalistes que Xi Jinping avait promis « d'examiner sérieusement le cas du pasteur », tout en qualifiant celui de Jimmy Lai de « plus difficile ». Ce dernier a été condamné en février à 20 ans de prison pour « collusion avec des forces étrangères ».
Réactions et suite
La famille de Jin Mingri a exprimé sa gratitude dans un communiqué, remerciant Donald Trump et son administration pour « leur leadership remarquable ». La famille a également estimé que cette libération « n'aurait pas été possible sans l'intervention directe de Xi Jinping », espérant y voir « un signe d'évolution positive pour les croyants en Chine et pour les relations entre les deux nations ».
L'organisation ChinaAid, basée aux États-Unis et spécialisée dans le suivi des persécutions religieuses, a confirmé que Jin Mingri, également connu sous le nom d'Ezra Jin, était arrivé à Los Angeles après sa libération. Son fondateur, Bob Fu, s'est réjoui de cette nouvelle tout en rappelant que « d'innombrables » pratiquants religieux, dont huit membres de l'Église de Sion, restent incarcérés en Chine.
Le groupe interparlementaire sur la Chine, qui rassemble des parlementaires de plusieurs pays occidentaux, s'est dit « ravi » de cette annonce. Le ministère chinois des Affaires étrangères n'a pas officiellement commenté ce dossier.
Cette libération intervient dans le contexte d'une politique chinoise de contrôle strict des religions, le gouvernement promouvant officiellement l'athéisme et exigeant des fidèles qu'ils rejoignent uniquement les églises agréées par l'État, dirigées par des pasteurs approuvés par le Parti communiste chinois.