David Ellison, le directeur général de Paramount, a directement promis de préserver l’indépendance éditoriale de l’émission phare « 60 Minutes » lors d’un entretien téléphonique avec la correspondante Lesley Stahl. Cette conversation, qui a eu lieu dimanche, constitue l’un des premiers signes que le dirigeant prend personnellement des mesures pour apaiser les tensions au sein de CBS News.

Une période de turbulences

Les derniers jours ont été marqués par un remaniement en profondeur de la rédaction. Bari Weiss, la rédactrice en chef de la chaîne, a procédé au licenciement de plusieurs cadres de l’émission ainsi que de plusieurs de ses journalistes vedettes. Le correspondant Scott Pelley, figure emblématique du programme, a vivement critiqué cette réorganisation avant d’être à son tour remercié. Face à cette onde de choc, Lesley Stahl, Bill Whitaker et Jon Wertheim – les trois correspondants vedettes encore en poste – ont longtemps hésité à quitter le navire. Dans une lettre adressée vendredi à l’équipe de « 60 Minutes », ils ont finalement annoncé leur décision de rester, expliquant ne pas vouloir « voir ‘60 Minutes’ mourir ».

Une promesse du numéro un

L’appel de David Ellison à Lesley Stahl visait à la rassurer sur l’avenir du magazine. Selon la journaliste, le PDG de Paramount lui a assuré qu’il respecterait les décisions éditoriales de l’émission. Cette promesse intervient alors que le groupe cherche à obtenir l’aval des autorités fédérales pour un accord de 111 milliards de dollars visant à racheter Warner Bros. Discovery. M. Ellison, qui a pris le contrôle de Paramount l’année dernière, entretient des relations amicales avec le président Trump, ce qui a suscité des interrogations sur la manière dont il dirigerait CBS News. Il a déclaré souhaiter que la chaîne d’information s’adresse à ce qu’il décrit comme « les 70 % d’Américains qui se considèrent comme centristes ou modérés ».

Un geste pour le moral

Lundi, Lesley Stahl a organisé un toast au champagne dans les bureaux de « 60 Minutes » à Manhattan, un geste destiné à remonter le moral des troupes. Elle y a fait part à ses collègues de l’assurance donnée par David Ellison. Interrogée mardi par courrier électronique, elle a déclaré à propos de son discours : « Mon toast était ‘à nous’, c’est-à-dire aux survivants. Peut-être ‘nous’ avec une pointe de culpabilité du survivant », ajoutant une note d’humour sur la situation.

Une question de confiance

L’engagement de David Ellison est perçu comme une étape cruciale pour stabiliser une rédaction ébranlée. La promesse d’indépendance éditoriale pourrait contribuer à dissiper les inquiétudes des journalistes et du public quant à une éventuelle ingérence politique ou commerciale dans le contenu de l’un des magazines d’information les plus prestigieux de la télévision américaine.