Les États-Unis sont « plus que capables » de reprendre la guerre contre l’Iran si un accord de paix ne peut être conclu. C’est le message qu’a délivré samedi le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, depuis le forum de sécurité de Shangri-La à Singapour, au lendemain d’une réunion à Washington qui n’a pas débouché sur une entente.
« Notre capacité à recommencer si nécessaire est que nous sommes plus que capables, nos stocks sont plus qu’adaptés pour cela, tant sur place que dans le monde entier en raison de la manière dont nous équilibrons les munitions de précision et les munitions plus abondantes », a déclaré le chef du Pentagone, selon des propos rapportés par les participants au sommet. Il a également précisé que le président Donald Trump faisait preuve de « patience » et souhaitait avant tout empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.
Des négociations en cours mais un accord encore incertain
Le même jour, une réunion au sein de la situation room — la salle de crise de la Maison-Blanche — s’est achevée après environ deux heures. Un responsable de l’exécutif américain, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, a indiqué que le président Trump ne conclurait « un accord que s’il est bon pour l’Amérique et satisfait ses lignes rouges ». Le locataire de la Maison-Blanche avait évoqué la veille la possibilité d’approuver un traité de paix comportant des concessions majeures de la part de Téhéran, notamment l’ouverture du détroit d’Ormuz et l’abandon du programme nucléaire iranien. Toutefois, de hauts responsables iraniens ont laissé entendre qu’aucune entente définitive n’était encore acquise.
Parallèlement, les discussions diplomatiques se poursuivent. À Washington, le numéro deux du Pentagone, Elbridge Colby, a accueilli vendredi des délégations militaires israélienne et libanaise pour un volet sécuritaire lié aux pourparlers de paix entre les deux pays. Ce format de rencontre, qualifié de « productif » par un responsable américain, constitue la première réunion entre officiers israéliens et libanais depuis plusieurs décennies. Il doit alimenter les discussions politiques pilotées par le département d’État la semaine suivante.
Des tensions toujours vives sur le terrain
Alors que ces annonces étaient faites, les forces israéliennes ont signalé samedi avoir intercepté plusieurs projectiles tirés depuis le territoire libanais, où elles sont engagées contre le Hezbollah, soutenu par l’Iran. L’armée israélienne a fait état d’un impact dans le secteur de Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël, sans faire de blessés. De son côté, le ministère libanais de la Santé a accusé des raids israéliens, menés vendredi dans la région de Tyr (sud du Liban), d’avoir tué onze personnes, dont un secouriste et un ressortissant syrien, et d’en avoir blessé huit autres — un bilan qualifié par Beyrouth de « violation flagrante du droit humanitaire ».
Sur le plan des pressions économiques, l’administration Trump a imposé de nouvelles sanctions contre l’Iran, visant cette fois l’agence créée par Téhéran pour contrôler la navigation dans le détroit d’Ormuz. Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé les violations américaines après des frappes sur la ville portuaire de Bandar Abbas et exprimé sa solidarité avec Oman, que Donald Trump avait menacé de « faire sauter ».
Enfin, le secrétaire à la Défense a également exprimé, lors de son intervention à Singapour, son « alarme » face au renforcement militaire de la Chine, tout en assurant que les États-Unis ne cherchaient pas une « confrontation inutile » avec Pékin.