Le ministère américain de la Défense a officialisé le 5 juin 2026 la suppression de 180 codes d'affiliation religieuse dans les dossiers du personnel militaire. Désormais, les quelque 1,3 million de soldats en service actif ne pourront déclarer qu’une trentaine de croyances, dont 22 correspondent à des dénominations chrétiennes. Les autres options retenues sont : agnostique, baha’ie, bouddhiste, hindoue, musulmane, juive et sikh. En revanche, des courants comme la Wicca, le paganisme, l’humanisme ou l’athéisme ont été retirés de la liste officielle.

Une mesure présentée comme administrative

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a qualifié ce changement de « décision attendue depuis longtemps ». Il a insisté sur le caractère technique de l’opération, destinée à simplifier la collecte de données pour les chefs militaires et les aumôniers. Selon la note de service, le nouveau système doit « fournir aux aumôniers des informations claires et facilement disponibles afin de mieux anticiper les besoins de soutien religieux des militaires et d’organiser des activités conformes à leur foi et à leurs pratiques ». M. Parnell a précisé que la mesure « n’a pas pour objet de porter un jugement sur la légitimité d’une foi ou d’une croyance, ni de fournir une liste de religions “officiellement approuvées” ». Il a ajouté qu’elle vise seulement à permettre aux aumôniers de connaître rapidement la composition religieuse de leurs unités pour adapter les ressources.

Les militaires qui s’identifiaient à l’une des 180 croyances supprimées n’auront plus que deux options dans leurs dossiers : « aucune religion » ou « autres religions ». Toutefois, la plaque d’identification métallique portée autour du cou, communément appelée « dog tag », pourra toujours mentionner la préférence religieuse de son propriétaire, sans être contrainte par la nouvelle liste.

Le contexte idéologique

Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large impulsé par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. Celui-ci avait déclaré le 24 mars 2026, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, que le corps des aumôniers militaires avait été « infecté par le politiquement correct et l’humanisme séculier » sous les administrations précédentes. Le Pentagone a lui-même joint cette vidéo en lien dans l’annonce officielle.

Réactions des défenseurs des libertés religieuses

L’association Americans United for Separation of Church and State, qui milite pour la liberté religieuse et la séparation des Églises et de l’État, a vivement critiqué la réforme. Sa présidente, Rachel Laser, a estimé que M. Hegseth « ne peut pas effacer la religion des militaires dont il juge les croyances moins dignes sans manquer à son serment de défendre la Constitution ». « Nos courageux soldats méritent mieux », a-t-elle ajouté dans un communiqué. L’organisation dénonce une décision qui, selon elle, marginalise des membres des forces armées en fonction de leur foi.