Un commentaire inattendu sur l'indice des prix à la consommation
Le président américain Donald Trump a suscité la surprise mercredi en répondant à une question sur les dernières données de l'indice des prix à la consommation (CPI) par cette déclaration sans détour : « J’aime l’inflation. » L’indice, publié par le Bureau of Labor Statistics, fait état d’une hausse annuelle de 4,2 %, soit le niveau le plus élevé observé depuis trois ans. L’inflation sous-jacente, qui exclut les secteurs volatils de l’alimentation et de l’énergie, s’établit quant à elle à 2,9 %, un chiffre conforme aux prévisions des économistes.
Interrogé dans le Bureau ovale par des journalistes, le chef de l’État n’a pas exprimé d’inquiétude. Il a au contraire justifié son appréciation en expliquant que les prix allaient baisser dès la fin de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran. « Dès que cette guerre sera finie, vous savez que nous avons détruit des millions de barils de pétrole », a-t-il déclaré, faisant référence à des opérations récentes visant des navires et des infrastructures pétrolières iraniennes.
Lien entre le conflit en Iran et les prix du pétrole
Le président a lié la hausse des prix à la fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran, une voie de passage cruciale pour les exportations pétrolières. Selon lui, cette situation a provoqué une augmentation du coût de l’essence, des engrais et d’autres biens, contribuant directement à l’inflation. Il a affirmé avoir autorisé un plan secret visant à faire transiter des pétroliers par ce détroit, malgré les risques, afin de contenir la hausse des prix. « Cela en valait la peine pour moi », a-t-il assuré, qualifiant l’opération de succès.
Donald Trump a prédit que, une fois le conflit terminé, le prix du pétrole « retomberait là où il était avant » et que l’inflation « descendrait comme une pierre ». Il a toutefois reconnu que le moment venu de la fin de la guerre restait incertain, évoquant des négociations toujours en cours.
Un contexte politique tendu à l’approche des élections de mi-mandat
Cette déclaration intervient alors que plusieurs républicains expriment leur crainte que la flambée des prix ne nuise à leurs chances lors des élections de mi-mandat prévues en novembre. Au sein même de la majorité, certains élus redoutent un backlash électoral lié au pouvoir d’achat des ménages. Les analystes, de leur côté, mettent en garde contre le risque que les chocs pétroliers persistent, même après une éventuelle réouverture du détroit d’Ormuz.
Le président a également fait référence à des opérations nocturnes menées contre des navires iraniens, affirmant en avoir détruit vingt-deux sans que ceux-ci ne puissent riposter faute de radar. Ces propos, qui n’ont pas été confirmés par des sources indépendantes, suggèrent une escalade dans la stratégie militaire américaine dans la région.
Des chiffres contrastés
Si l’inflation globale atteint un pic préoccupant, l’inflation sous-jacente, à 2,9 %, reste proche des attentes. Ce contraste pourrait alimenter le débat sur la nature durable ou conjoncturelle de la hausse des prix. Les économistes suivent de près l’évolution des cours pétroliers et des chaînes d’approvisionnement, directement affectées par le conflit.
Le locataire de la Maison-Blanche, en adoptant une posture décomplexée face à une donnée économique habituellement redoutée par les gouvernements, semble vouloir miser sur une résolution rapide du conflit iranien pour inverser la tendance. Reste à savoir si les marchés et l’électorat partageront son optimisme.