Le président du Myanmar, Min Aung Hlaing, a entamé le 30 mai une visite de cinq jours en Inde, son premier voyage à l'étranger depuis qu'il a assumé un rôle civil après avoir dirigé la junte militaire. L'ancien général, qui a pris le pouvoir lors du coup d'État de février 2021, est arrivé à Bodh Gaya, dans l'État oriental du Bihar, pour se rendre au temple Mahabodhi, un site de pèlerinage bouddhiste. Il doit ensuite se rendre à Delhi où il rencontrera le Premier ministre indien Narendra Modi le 1er juin.
Rencontre au sommet prévue le 1er juin
Le ministère indien des Affaires étrangères a confirmé que « le président U Min Aung Hlaing aura des discussions avec le Premier ministre Shri Narendra Modi le 1er juin 2026 sur le renforcement des liens historiques et civilisationnels entre les deux pays ». Le porte-parole du ministère, Randhir Jaiswal, a souhaité la bienvenue au dirigeant birman sur le réseau social X, évoquant « les liens spirituels, historiques et humains solides qui unissent nos deux nations et la profondeur de notre coopération en cours ».
Des enjeux stratégiques et économiques
L'Inde partage une frontière terrestre de 1 643 kilomètres avec le Myanmar ainsi qu'une frontière maritime dans le golfe du Bengale. New Delhi a maintenu des relations avec les administrations successives soutenues par l'armée birmane, malgré les sanctions occidentales imposées après le putsch. Cette visite intervient alors que le Myanmar est en proie à un conflit armé généralisé et à une grave crise humanitaire depuis le coup d'État.
Selon des analystes, ce déplacement offre à l'Inde une occasion de réduire l'influence croissante de la Chine au Myanmar, d'accéder à ses terres rares critiques et de renforcer la sécurité le long de la frontière commune. La rivalité entre l'Inde et la Chine pour l'influence dans la région est un facteur clé de cette visite.
Contexte politique intérieur indien
Par ailleurs, sur la scène politique indienne, le Parti du Congrès devrait se réunir pour élire formellement DK Shivakumar au poste de ministre en chef de l'État du Karnataka, après la démission de Siddaramaiah. Cette réunion, prévue le 30 mai, doit décider de la composition du nouveau gouvernement local.
Un rapprochement prudent
La visite de Min Aung Hlaing marque une étape dans la politique étrangère indienne, qui cherche à équilibrer ses relations avec les voisins tout en maintenant une certaine distance avec les régimes contestés. L'Inde n'a pas imposé de sanctions au Myanmar contrairement aux États-Unis et à l'Union européenne, privilégiant le dialogue et la coopération sécuritaire. Les discussions de dimanche devraient aborder des questions de sécurité régionale, de commerce et d'investissement, ainsi que la situation humanitaire au Myanmar.