Le dirigeant du quotidien américain New York Times a lancé une charge sévère contre les grandes entreprises du secteur de l’intelligence artificielle, qu’il accuse de piller sans vergogne le contenu produit par les médias. S’exprimant lors d’une intervention publique dont la teneur a été rapportée le 1er juin, il a qualifié ces pratiques de « vol sans scrupule ».
Une profession trop « passive » selon lui
Le patron du journal a estimé que la profession journalistique dans son ensemble s’était montrée trop « passive » et trop « fragmentée » face à ce phénomène. Il a jugé que les rédactions n’avaient pas su réagir avec assez de vigueur et d’unité pour défendre leurs droits face à des acteurs technologiques qui, selon lui, exploitent leurs productions sans autorisation ni compensation.
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les créateurs de contenu et les développeurs de modèles d’intelligence artificielle. Ces derniers entraînent leurs algorithmes en absorbant de vastes quantités de textes, d’images et de données issues du web, y compris des articles de presse, souvent sans accord préalable avec les ayants droit.
Un appel à l’action collective
Le dirigeant a plaidé pour une réponse plus coordonnée de la part des médias. Il a appelé l’ensemble du secteur à dépasser ses divisions pour faire front commun face à ce qu’il considère comme une appropriation abusive de leur travail. Selon lui, la fragmentation actuelle des rédactions les affaiblit face à des entreprises qui disposent de moyens juridiques et financiers considérables.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs médias internationaux ont déjà engagé des poursuites contre des entreprises d’IA pour violation du droit d’auteur. Le New York Times lui-même a intenté une action en justice contre OpenAI, la société derrière le logiciel ChatGPT, pour l’utilisation non autorisée de ses articles dans l’entraînement des modèles de langage.
Un réquisitoire contre les géants de la tech
Au-delà de la défense des intérêts de son propre journal, le responsable a formulé un réquisitoire plus large contre les grandes firmes de la Silicon Valley. Il leur reproche de bâtir des modèles économiques prospères en exploitant des contenus dont elles ne paient pas l’accès. Il a estimé que cette situation déséquilibre dangereusement les rapports de force entre la presse et les plateformes technologiques.
Ses propos ont été interprétés comme un signal fort adressé tant aux concurrents qu’aux pouvoirs publics. Il pourrait contribuer à intensifier les pressions en faveur d’une régulation plus stricte de l’intelligence artificielle, notamment en ce qui concerne le respect des droits de propriété intellectuelle.