Ouverture du procès à Los Angeles

Le procès de Jonathan Rinderknecht s’est ouvert ce lundi 8 juin à Los Angeles. Cet homme de nationalité américaine, qui a passé une partie de sa vie en France et parle couramment français, est accusé d’être à l’origine de l’incendie qui a dévasté le quartier résidentiel de Pacific Palisades en janvier 2025. Il plaide non coupable.

Un bilan humain et matériel lourd

Le feu, qui s’est déclaré dans la nuit du Nouvel An 2025, a consumé des milliers d’habitations dans ce secteur huppé de la métropole californienne, où des propriétés valant plusieurs millions de dollars surplombent l’océan Pacifique. Douze personnes ont perdu la vie dans ce sinistre. Au total, l’ensemble des incendies qui ont frappé Los Angeles en janvier 2025 ont causé la mort de 31 personnes.

La thèse de l’accusation : un acte de vengeance

Dans des documents judiciaires déposés en mai, les procureurs brossent le portrait d’un homme animé par une colère profonde contre le système capitaliste. Jonathan Rinderknecht travaillait comme chauffeur Uber au moment des faits. Selon l’accusation, il aurait volontairement mis le feu à Pacific Palisades par esprit de vengeance, un quartier où il aurait lui-même résidé par le passé.

Deux semaines avant le début de l’incendie, les enquêteurs ont relevé dans son historique de navigation internet des requêtes pour le moins troublantes, comme « éliminons tous les milliardaires ». Il aurait également recherché des informations sur Luigi Mangione, cet Américain poursuivi pour le meurtre du dirigeant du groupe UnitedHealthcare, une affaire qui a suscité un vif débat aux États-Unis, certains voyant en Mangione une figure de justicier.

Dans la nuit du 31 décembre 2024, plusieurs passagers transportés par l’accusé ont témoigné. Les documents judiciaires indiquent que « de nombreux passagers » ont décrit un homme « en colère, intense, conduisant de manière erratique et ruminant des diatribes où il se disait furieux contre le monde, évoquait Luigi Mangione, le capitalisme et le fait de se faire justice soi-même ».

La défense : « un bon Samaritain »

La défense, menée par l’avocat principal Steve Haney, présente une tout autre version des faits. Selon lui, Jonathan Rinderknecht est un « bon Samaritain » qui aurait passé « dix-sept appels » aux secours pour signaler le départ de feu initial. Pour la défense, cet incendia du Nouvel An « a été déclenché par des feux d'artifice tirés par d'autres personnes (...) et non pas par le prévenu ». Steve Haney affirme que son client sert de bouc émissaire afin de masquer l’échec des pompiers de Los Angeles à contenir le premier feu.

Obsession du feu et signalement aux secours

L’accusation soutient que Jonathan Rinderknecht était obsédé par le feu et qu’il aurait lui-même contacté les secours avant de quitter les lieux. Les deux parties s’accordent donc sur le fait que l’accusé a appelé les pompiers, mais divergent radicalement sur l’interprétation de cet acte : préméditation et mise en scène pour les procureurs, civisme pour la défense.

Un procès attendu pour durer une semaine

Le procès devrait durer un peu plus d’une semaine. Il devra déterminer si Jonathan Rinderknecht est un pyromane qui a voulu se venger d’une société qu’il rejette, ou un citoyen qui a alerté les autorités face à un feu qu’il n’a pas provoqué.