Le propriétaire de Southampton, Dragan Solak, a annoncé qu'il ne se séparerait pas de son entraîneur principal Tonda Eckert, malgré les graves manquements disciplinaires liés à l'affaire d'espionnage qui a secoué le Championship la saison dernière. Dans un entretien accordé à des médias, l'homme d'affaires serbe a indiqué que le technicien allemand méritait une seconde chance, ajoutant qu'il voyait en lui un manager « super talentueux ».
Des sanctions sévères mais un maintien en poste
Southampton a été exclu des barrages de promotion vers la Premier League après avoir reconnu avoir observé illégalement les séances d'entraînement de trois clubs adverses : Oxford United, Ipswich Town et Middlesbrough. Une commission disciplinaire indépendante a également infligé une pénalité de quatre points au club pour la saison 2026-2027. Eckert, âgé de 33 ans, a été désigné comme l'instigateur de ce qu'elle a qualifié de « plan concerté et déterminé venu d'en haut ». Un membre junior du personnel a par ailleurs affirmé avoir été mis « sous une pression extrême » pour exécuter une tâche qu'il jugeait moralement répréhensible.
Malgré ces éléments, Solak a confirmé que la confiance du conseil d'administration et la sienne propre restaient acquises à l'entraîneur. « Je crois Tonda quand il dit qu'il ignorait enfreindre le règlement, a déclaré le propriétaire. Mon opinion personnelle, et celle du conseil, est qu'il mérite d'être soutenu. » Il a toutefois adressé un avertissement à son entraîneur : « Je lui ai dit : 'Tu as failli me briser le cœur. Si tu recommences, tu me tueras. La prochaine fois que je te verrai en juillet, si tu ne connais pas par cœur le livre des règles de l'EFL, tu ne pourras pas travailler pour moi.' »
Des excuses publiques et un avenir incertain
Dans une vidéo diffusée par le club, Eckert a présenté ses excuses. « J'accepte l'entière responsabilité, a-t-il déclaré. Je m'excuse auprès de tous les clubs impliqués et surtout auprès de nos supporters. » Il a également évoqué la nécessité de reconstruire la confiance avec les supporters, à condition d'éviter une éventuelle suspension de la part de la Fédération anglaise (FA), qui mène sa propre enquête et pourrait prononcer une interdiction d'exercer.
Interrogé sur cette éventualité, Solak a indiqué qu'il soutiendrait Eckert durant la procédure, mais qu'il ne pourrait pas le faire travailler s'il était suspendu. « Je ne peux pas mettre quelqu'un à la tête du club s'il n'en a pas le droit, a-t-il expliqué. Mais je suis convaincu que s'il est banni, il trouvera un poste trois fois mieux rémunéré en Italie ou en Allemagne. » Le propriétaire a par ailleurs estimé que la punition infligée à Southampton était « disproportionnée », soulignant que le club avait perdu la chance d'accéder à la Premier League, un manque à gagner évalué à environ 200 millions de livres sterling.
Un contexte de pratiques répandues
Pour justifier l'attitude de son entraîneur, Solak a noté que l'observation des entraînements adverses est « une pratique courante dont personne ne se soucie en Italie ou en Allemagne ». Eckert, qui avait pris les rênes de l'équipe après un intérim, avait réussi à maintenir le club en Championship puis à le hisser à la quatrième place, synonyme de barrages. Pour Solak, l'entraîneur a prouvé ses compétences malgré l'épisode controversé.