Le président serbe Aleksandar Vucic a livré une mise en garde sévère contre les tentations protectionnistes qui, selon lui, fragilisent l'Europe. Dans un entretien réalisé début juin, il a estimé que le Vieux Continent risquait la ruine en multipliant les entraves à la circulation des capitaux entre les grandes puissances économiques mondiales.
Des obstacles trop nombreux
« Il y a trop d'obstacles qui compliquent le flux des investissements entre l'Europe, la Chine et les États-Unis », a déclaré le chef de l'État serbe, qui s'exprimait après un retour de Pékin. Il a jugé que cette situation poussait l'Europe vers une forme d'« endormissement » économique, faute de saisir les opportunités offertes par la coopération internationale.
La Chine, un partenaire stratégique pour Belgrade
Le voyage du président Vucic en Chine a été marqué par l'obtention de plus d'un milliard de dollars de promesses d'investissements destinés à la Serbie. Ce montant illustre le poids croissant de Pékin comme partenaire économique des Balkans, alors que les relations entre l'Union européenne et la Chine se tendent sur fond de différends commerciaux et technologiques.
Un appel à l'ouverture
Pour le dirigeant serbe, la réponse à la compétitivité mondiale ne réside pas dans le repli sur soi mais dans une ouverture maîtrisée. Il a estimé que l'Europe, en dressant des barrières, risque de se couper des sources de croissance et d'innovation que représentent les marchés asiatique et américain. Son constat intervient alors que plusieurs pays européens débattent de mesures visant à protéger leurs industries face à la concurrence chinoise.
Un contexte géopolitique tendu
Les propos d'Aleksandar Vucic interviennent dans un climat de tensions commerciales accrues entre l'Union européenne et la Chine, notamment autour des subventions aux industries vertes et des technologies de pointe. La Serbie, candidate à l'adhésion à l'UE, entretient des liens étroits avec Pékin, ce qui lui vaut parfois des critiques de la part de Bruxelles. Le président serbe semble toutefois vouloir jouer un rôle de pont, plaidant pour une régulation moins contraignante des échanges.
Réactions et perspectives
Les déclarations du président serbe n'ont pas suscité de commentaires officiels immédiats de la part des institutions européennes. Elles pour néanmoins alimenter le débat sur la stratégie commerciale du continent, alors que la guerre en Ukraine et les nouvelles règles de l'Organisation mondiale du commerce redessinent les chaînes d'approvisionnement mondiales. La position de Belgrade, alliée historique de Moscou mais aussi partenaire privilégié de Beijing, illustre la complexité des équilibres géopolitiques dans les Balkans.