Neuf ans après les faits, la police métropolitaine de Londres a mis la main sur l’auteur présumé de l’agression survenue en mai 2017 sur le pont de Putney, dans le sud-ouest de la capitale britannique. L’homme, âgé de 44 ans, a été arrêté ce lundi 15 juin et placé en garde à vue pour tentative de coups et blessures graves, ont annoncé les autorités.

Un geste qui avait manqué de coûter la vie à une femme

Les images de vidéosurveillance, diffusées à l’époque, montraient un jogger courant sur le trottoir du pont de Putney. Il apparaissait bousculer délibérément une femme de 33 ans, la projetant sur la voie de circulation, au moment où un bus arrivait en sens inverse. Le conducteur du véhicule avait effectué une manœuvre d’urgence en se déportant sur la voie adjacente, évitant de justesse de percuter la victime, qui s’en était sortie sans blessure grave.

« C’est uniquement grâce aux réflexes remarquables du chauffeur qu’elle n’a pas été heurtée », avait déclaré à l’époque le sergent Mat Knowles. Le conducteur du bus, Oliver Salbris, avait confié à la presse : « Si je n’avais pas dévié, je lui aurais fracassé la tête. C’était un réflexe. Les conséquences auraient été terribles pour elle – et pour moi. »

Une enquête relancée après des années d’impasse

L’affaire, rapidement surnommée « Putney Pusher » (le pousseur de Putney) par les médias britanniques, avait connu un coup d’arrêt en 2018. Trois hommes avaient alors été interpellés puis libérés sans poursuites, et les enquêteurs avaient annoncé avoir épuisé toutes les pistes après avoir identifié plus de cinquante personnes d’intérêt.

L’arrestation de ce lundi marque donc un rebondissement inattendu. La police n’a pas précisé ce qui a permis de relancer les investigations ni l’identité du suspect, se contentant d’indiquer qu’il était toujours entendu en garde à vue.

Un fait divers qui avait marqué les esprits

Au-delà de la violence du geste, un détail troublant avait alimenté la couverture médiatique de l’affaire : environ quinze minutes après l’agression, le jogger était repassé sur le pont dans l’autre sens. La victime avait tenté de l’interpeller, mais il l’avait ignorée et avait poursuivi sa course.

Ce nouveau développement judiciaire suscite l’attention au Royaume-Uni, où l’on espère que la justice pourra enfin être rendue près d’une décennie après les faits.