Londres – Le gouvernement britannique a rejeté les accusations d’injustice concernant les récents ajustements apportés au système de prêts étudiants, en faisant valoir que ces prêts sont tellement subventionnés que l’exécutif peut légitimement en modifier les modalités.

La secrétaire en chef du Trésor, Lucy Rigby, a déclaré mercredi devant une commission parlementaire que moins de la moitié des jeunes accèdent à l’université et que l’équité envers l’ensemble des contribuables doit être prise en compte. « Il s’agit d’équité envers les contribuables dans leur ensemble », a-t-elle plaidé, justifiant la position gouvernementale.

Des prêts « plan 2 » au cœur du débat

Les discussions portent principalement sur les millions d’étudiants d’Angleterre et du Pays de Galles titulaires d’un prêt « plan 2 ». Chaque mois, une partie de leur salaire est prélevée pour rembourser leur dette, mais les montants remboursés sont souvent inférieurs aux intérêts ajoutés, ce qui fait gonfler le capital dû.

L’élément déclencheur de la controverse a été la décision de Rachel Reeves, l’an dernier, de geler pour trois ans le seuil de revenu à partir duquel les remboursements des prêts plan 2 sont exigibles. Par ailleurs, les taux d’intérêt appliqués à de nombreux prêts, supérieurs à l’inflation, sont vivement critiqués.

Campagne pour une réforme plus large

Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer une refonte globale du système. Le défenseur des consommateurs Martin Lewis a notamment interpellé les responsables politiques sur ce dossier ces derniers mois, contribuant à mettre le sujet sous les projecteurs.

Les associations étudiantes et certains députés estiment que les modifications unilatérales des conditions contractuelles, associées à l’envolée des intérêts, pénalisent lourdement les emprunteurs déjà fragilisés par la hausse du coût de la vie. Elles réclament un allègement du fardeau et une révision des règles.

Un système « lourdement subventionné »

Face à ces critiques, Lucy Rigby a souligné la différence fondamentale entre les prêts étudiants et les prêts commerciaux classiques, en raison de la subvention publique importante qui les accompagne. Selon elle, cette caractéristique donne au gouvernement le droit d’adapter les conditions en fonction des priorités budgétaires et de l’intérêt général.

Le débat sur l’équité intergénérationnelle et la soutenabilité financière du dispositif devrait se poursuivre dans les semaines à venir, alors que l’exécutif explore des pistes pour alléger la charge pesant sur les diplômés sans pour autant déséquilibrer les finances publiques.