L'exécutif britannique s'apprête à infléchir sa politique commerciale concernant l'acier. Alors que des mesures de protection du marché intérieur avaient été annoncées en mars, les autorités étudient désormais la possibilité d'accorder des exemptions pour certaines branches industrielles, sous la pression des entreprises consommatrices d'acier qui dénoncent le poids financier de ces barrières douanières.
Des représentants du ministère du Commerce et des Affaires sont réunis depuis mercredi avec les responsables de groupements professionnels du secteur de la transformation de l'acier. Ces consultations, qui se poursuivent jeudi, ont pour objectif de mettre au point les modalités d'un allègement destiné à certains utilisateurs.
En mars dernier, le gouvernement avait officialisé un doublement des droits de douane à 50 % sur les importations d'acier, accompagné d'une réduction des contingents pouvant atteindre 60 %. L'objectif affiché était alors de soutenir la production sidérurgique nationale face à la concurrence étrangère.
Un calendrier contraint par l'échéance du 1er juillet
Ces nouvelles mesures doivent impérativement entrer en vigueur le 1er juillet prochain. À cette date, les mécanismes de sauvegarde actuels, qui avaient été négociés lorsque le Royaume-Uni était encore membre de l'Union européenne, arriveront à expiration. Le gouvernement se trouve donc sous pression pour finaliser d'ici là à la fois le régime douanier définitif et les éventuelles dérogations.
Parallèlement à ces discussions internes, le Royaume-Uni mène des négociations à l'international pour tenter d'atténuer l'impact de mesures similaires envisagées par d'autres partenaires commerciaux, notamment en ce qui concerne la réduction des quotas et l'augmentation des tarifs douaniers.
Les industriels qui utilisent l'acier comme matière première — secteurs de la construction, de l'automobile, de l'énergie ou de l'emballage — avaient vivement réagi à l'annonce de mars, estimant que la flambée des coûts d'approvisionnement risquait de pénaliser leur compétitivité et de se répercuter sur les prix à la consommation. Les concertations en cours visent à trouver un équilibre entre la protection de la sidérurgie britannique et la préservation des intérêts des industries avales.