Le gouvernement britannique a dévoilé une nouvelle stratégie nationale visant à ce que 60 % des élèves âgés de 5 à 16 ans se rendent à l’école à pied ou à vélo d’ici 2035. Cette annonce, officialisée le 11 juin 2026 par la ministre des Transports Heidi Alexander, s’accompagne d’un investissement qualifié de « record » de 4,5 milliards de livres sterling dans les mobilités actives. L’objectif concerne l’Angleterre et s’inscrit dans une volonté plus large de redéfinir les habitudes de déplacement dans les zones urbaines.
Selon les données officielles les plus récentes, datant de 2023, 47 % des enfants âgés de 5 à 16 ans se rendent habituellement à l’école à pied ou à vélo. Un chiffre que le gouvernement juge insuffisant, d’autant que d’autres estimations, citées par les services de la ministre, indiquent que seulement 45 % des élèves pratiquent un déplacement actif vers leur établissement scolaire. Pour atteindre l’objectif de 60 %, le Department for Transport (DfT) prévoit la construction de 5 000 itinéraires cyclables et piétons supplémentaires, ainsi que de 10 000 traversées « plus sûres », d’ici 2030. Ces aménagements seront conçus en collaboration avec les collectivités locales et l’agence Active Travel England.
Un plan intégré pour les courtes distances
Au-delà des trajets scolaires, le plan fixe un second objectif : faire en sorte qu’au moins 55 % des trajets courts en ville incluent une part de mobilité active d’ici 2035. Cette notion de « trajet court » inclut les déplacements pour lesquels la marche ou le vélo constitue une étape, par exemple pour rejoindre un arrêt de transport en commun. Actuellement, 48 % de ces trajets sont déjà réalisés de manière active. Selon les calculs du gouvernement, cette progression permettrait à 5,3 millions de personnes supplémentaires d’intégrer une activité physique dans leur quotidien.
Heidi Alexander a justifié cette stratégie en expliquant que « trop de personnes aimeraient marcher, se déplacer en fauteuil roulant ou pédaler plus souvent, mais ne pensent pas avoir d’options sûres et pratiques pour le faire ». Elle a présenté cette politique comme un moyen de « créer des communautés plus saines, d’aider les ménages à économiser de l’argent et de construire un réseau de transport qui fonctionne mieux pour tout le monde ».
Des programmes de formation et de sensibilisation
Le DfT a précisé que 135 millions de livres seront spécifiquement alloués à des programmes de formation des enfants à la marche et au vélo en toute sécurité, ainsi qu’à l’élaboration de plans de déplacement dans les écoles. Ces plans visent à encourager les élèves à délaisser la voiture pour les trajets domicile-établissement, une pratique déjà répandue dans de nombreux établissements. Le ministère de la Santé, par la voix du secrétaire d’État James Murray, a salué cette initiative, estimant qu’elle permettra « d’aider davantage de personnes à intégrer l’exercice physique dans leur vie quotidienne, d’améliorer la santé publique et de soutenir notre ambition de réduire la pression sur le NHS ».
Un réseau national de mobilité active
Enfin, la stratégie prévoit la création d’un « réseau national de marche et de vélo », qui devrait être consultable d’ici cinq ans sur les applications de cartographie. Ce réseau, doté d’une signalétique uniformisée, sera connecté au réseau routier existant. Les autorités espèrent ainsi offrir une infrastructure cohérente et facilement identifiable, permettant aux usagers de planifier leurs itinéraires actifs à l’échelle du pays. L’annonce intervient après des critiques formulées par des associations d’usagers lors de la consultation sur le projet initial de la troisième stratégie dédiée à la marche et au vélo. La ministre a souligné que ce nouveau plan ambitionne de faire de la mobilité active « un choix pratique pour des millions de trajets supplémentaires ».