Le Sénat a décidé de ne pas rendre public le rapport issu de sa mission d'information sur le phénomène du burn-out, estimant que le document était « trop orienté ». Cette décision intervient alors que le texte, rédigé par deux sénatrices, pointait explicitement le rôle des entreprises dans la multiplication des situations d'épuisement professionnel.

Les deux élues à l’origine du travail parlementaire mettent en cause les réformes récentes engagées en France, qu’elles jugent responsables de l’aggravation des conditions de travail et de l’augmentation des cas de burn-out. Leur analyse insiste sur la responsabilité première des employeurs dans ce phénomène de santé publique, sans toutefois que leurs conclusions soient partagées par l’ensemble des membres de la mission.

C’est précisément le caractère jugé partial du rapport qui a motivé le refus du Sénat de le diffuser. Les autorités de la chambre haute ont estimé que les analyses proposées ne respectaient pas l’équilibre attendu d’un travail d’information parlementaire, et qu’elles présentaient une vision trop unilatérale des causes du burn-out.

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, connaît une progression notable en France ces dernières années. Plusieurs études et enquêtes avaient déjà souligné l’impact des réformes du code du travail et de l’intensification des rythmes de travail. Les deux sénatrices souhaitaient, avec ce rapport, apporter un éclairage institutionnel sur ce lien, en appelant à une prise de conscience collective.

La décision de ne pas publier le document suscite des interrogations sur la transparence des travaux parlementaires et sur la place des débats de fond autour de la santé au travail. Les deux auteures du rapport déplorent ce choix, qu’elles considèrent comme un frein à la reconnaissance officielle du rôle des entreprises dans la crise du burn-out.