Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, a retiré plusieurs officiers de la marine de la liste des candidats à une promotion au grade de contre-amiral, une décision qui cible de manière disproportionnée les femmes et les militaires issus des minorités, selon des informations concordantes.

Au total, au moins sept officiers initialement sélectionnés par un comité composé d’amiraux de haut rang ont été exclus de la liste finale. Parmi eux figurent deux femmes et deux hommes noirs, ainsi que trois hommes blancs. La nouvelle liste, publiée fin mai, ne compte plus aucune femme, alors que celles-ci représentent environ 21 % des effectifs en service actif de la marine américaine. Elle ne comporte également que deux officiers non blancs, contre 38 % de militaires issus de minorités raciales dans l’ensemble de la force.

Des motifs contestés

Cette intervention du secrétaire à la Défense est inhabituelle, selon des responsables actuels et anciens du Pentagone. La réglementation en vigueur stipule que le secrétaire à la Défense ne peut retirer un officier de la liste que pour des motifs précis : faute morale, trouble mental, défaillance physique ou incompétence professionnelle susceptible de remettre en cause l’aptitude au commandement. Or, dans ce dossier, les motifs avancés par M. Hegseth semblent relever davantage de son opposition aux politiques de diversité que d’une évaluation individuelle des compétences, estiment plusieurs sources proches du dossier.

Une composition finalement très homogène

La liste définitive des 22 candidats retenus pour le grade d’officier général de première classe (une étoile) ne reflète guère la diversité de la marine qu’ils sont appelés à diriger. L’absence totale de femmes parmi les promus contraste avec la part significative qu’elles occupent au sein des forces. De même, la très faible représentation des minorités raciales interroge sur les critères ayant présidé à la sélection finale.

Un précédent préoccupant

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes autour des politiques de diversité et d’inclusion au sein des forces armées américaines. M. Hegseth, connu pour ses positions critiques envers ces initiatives, avait déjà pris des mesures similaires par le passé, mais jamais à une telle échelle. Des voix s’élèvent pour dénoncer une politisation du processus de sélection des hauts gradés, traditionnellement fondé sur le mérite et l’apolitisme.

Les quatre responsables actuels et anciens du ministère de la Défense qui ont témoigné, sous couvert d’anonymat, ont indiqué que des inquiétudes avaient été exprimées en interne quant à la légalité de cette décision. Aucune réaction officielle du Pentagone n’a été communiquée à ce stade.