Un basculement dans l’animation
Avec « Le Vertige », Quentin Dupieux opère un virage technique inattendu. Pour la première fois, le cinéaste abandonne les caméras traditionnelles au profit de l’animation. Son seizième film, présenté en clôture de la Quinzaine des cinéastes à Cannes, plonge le spectateur dans un univers aux graphismes polygonaux et buggés, directement inspirés des jeux vidéo du début des années 2000.
Des personnages prisonniers d’une simulation
Le postulat est simple : des personnages d’un jeu vidéo aux graphismes volontairement ringards prennent conscience qu’ils vivent dans une simulation. Alain Chabat et Jonathan Cohen prêtent leurs traits – ou plutôt leurs avatars – à ces êtres numériques qui découvrent les failles de leur monde virtuel. Anaïs Demoustier complète le trio principal.
Une satire des super-milliardaires de la Silicon Valley
Loin des productions hollywoodiennes, Dupieux aborde avec second degré une théorie qui agite certains super-milliardaires de la Silicon Valley : l’hypothèse selon laquelle notre monde ne serait qu’une immense simulation. Là où ces tycoons californiens consacrent des fortunes à tenter de « sortir de la matrice », le réalisateur français adopte la logique inverse, avec des moyens modestes et un parti pris expérimental.
Un cinéma du concept à rythme industriel
Ce nouveau film confirme la méthode Dupieux : un cinéaste qui enchaîne les trouvailles à un rythme soutenu, jonglant d’un concept à l’autre. « Le Vertige » s’inscrit dans cette veine, offrant une proposition inédite dans sa filmographie. Le long-métrage mêle absurde et satire sociale, renvoyant notre époque à ses propres contradictions technologiques.
Une comédie absurde et originale
La presse salue une œuvre qui réussit à être à la fois flippante et déjantée, un miroir tendu à notre époque. En choisissant l’animation et des graphismes qui évoquent les jeux des années 2000, Dupieux transforme ce qui pourrait être une limitation technique en parti pris esthétique et narratif. Les bugs et les imperfections visuelles deviennent autant de signes de la fragilité de la simulation.
Un accueil cannois
Projeté en clôture de la Quinzaine des cinéastes, l’un des rendez-vous parallèles du Festival de Cannes, « Le Vertige » a été dévoilé à la profession et au public cannois le mardi 2 juin 2026. Cette sélection confirme la place singulière du réalisateur dans le paysage cinématographique français, entre expérimentation et humour décalé.
Sortie en salles
Le film, distribué par Diaphana Distribution, doit prendre l’affiche dans les semaines à venir. En attendant, le public pourra découvrir cette satire pixélisée des géants de la tech, où la légèreté apparente cache une réflexion plus profonde sur notre rapport au numérique et à la réalité.