Les primaires américaines organisées mardi 16 juin dans plusieurs États, dont la Géorgie, l'Oklahoma, l'Alabama et la Californie, ont livré un verdict nuancé sur l'influence de Donald Trump au sein du Parti républicain. Si plusieurs candidats bénéficiant du soutien du président sortant ont remporté leur investiture, l'un de ses poulains a subi une défaite notable dans une course très disputée.
En Géorgie, un vote partagé
L'attention s'est particulièrement portée sur la Géorgie, où deux scrutins majeurs se tenaient simultanément. Pour le poste de gouverneur, le candidat soutenu par Donald Trump, Burt Jones, s'est incliné face au milliardaire Rick Jackson. Ce dernier, qui a autofinancé sa campagne à hauteur d'au moins 100 millions de dollars – contre près de 30 millions de dollars dépensés au total par son adversaire –, a remporté la primaire républicaine. Rick Jackson affrontera en novembre la démocrate Keisha Lance Bottoms, ancienne maire d'Atlanta.
En revanche, pour la course au Sénat, les électeurs républicains de Géorgie ont donné leur préférence à Mike Collins, que Donald Trump avait officiellement soutenu quelques jours avant le scrutin. Mike Collins a battu Derek Dooley, un ancien entraîneur de football universitaire soutenu par le gouverneur républicain sortant Brian Kemp. Il sera opposé au sénateur démocrate sortant Jon Ossoff dans ce qui s'annonce comme l'une des campagnes les plus compétitives pour les élections de mi-mandat.
L'Alabama et l'Oklahoma confirment l'emprise trumpiste
Dans l'Alabama, le représentant sortant Barry Moore, trois fois élu et soutenu par Donald Trump, a remporté la primaire républicaine pour le Sénat en battant Jared Hudson, un ancien Navy SEAL qui se présentait comme un candidat antisystème. Barry Moore s'est engagé à être « un guerrier pour le programme "America First" du président Trump » s'il est élu. L'Alabama étant un bastion républicain, il est donné favori pour le scrutin de novembre face à l'avocat Everett Wess, vainqueur de la primaire démocrate.
En Oklahoma, les candidats soutenus par le président sont également sortis victorieux de leurs primaires respectives, consolidant l'emprise de Donald Trump sur l'appareil républicain dans cet État conservateur. Les résultats détaillés confirment que dans les États où le parti est solidement ancré à droite, le soutien présidentiel reste un atout décisif.
Un test pour l'influence présidentielle
Ces primaires constituent un test important de la capacité de Donald Trump à imposer ses candidats à six mois des élections de mi-mandat, qui décideront du contrôle du Congrès pour la seconde moitié de son mandat. Si le président a pu placer ses alliés dans plusieurs courses, la défaite de Burt Jones en Géorgie – malgré un soutien réitéré publiquement quelques jours avant le vote, où il louait le « courage et la sagesse » de son poulain – montre que son influence n'est pas absolue, même dans les États où les républicains sont majoritaires.
Du côté démocrate, des divisions persistantes
Les primaires démocrates ont également mis en lumière les fractures internes au parti, opposant aile progressiste et aile modérée. En Californie, les électeurs ont choisi leurs candidats pour plusieurs sièges à la Chambre des représentants, tandis qu'à Washington DC, une primaire pour le poste de maire se déroulait. Les résultats de ces scrutins confirment les tensions stratégiques au sein du camp démocrate sur la meilleure approche pour affronter les républicains en novembre.
Alors que les primaires se poursuivent dans d'autres États dans les semaines à venir, les résultats du 16 juin offrent un premier aperçu des dynamiques qui animeront la campagne des élections de mi-mandat, perçues par de nombreux observateurs comme un référendum sur la deuxième administration Trump.