Les représentants des trois puissances européennes, regroupées au sein du format E3, ont effectué une démarche diplomatique sans précédent à Moscou le 11 juin 2026. L'ambassadeur britannique Nigel Casey, son homologue français Nicolas de Rivière, et l'ambassadeur allemand Alexander Graf Lambsdorff se sont rendus au siège du ministère russe des Affaires étrangères où ils se sont entretenus avec un membre du gouvernement russe.
Cette rencontre, qualifiée de rare depuis le début du conflit, intervient alors que les dirigeants des trois pays avaient récemment reçu le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Londres. À l'issue de cet entretien au sommet, un communiqué conjoint a été publié par les chancelleries. Les diplomates ont ainsi exposé à leurs interlocuteurs russes les principales conclusions de ce sommet, parmi lesquelles figure « le soutien à l'appel du président Zelensky en faveur de la tenue de pourparlers directs entre la Russie et l'Ukraine ».
Une initiative de médiation inédite
Les émissaires britannique, français et allemand ont notamment souligné l'importance d'un engagement direct entre Kiev et Moscou pour parvenir à une résolution négociée du conflit. Cette démarche marque une évolution notable dans l'attitude des alliés européens de l'Ukraine, qui, jusqu'à présent, privilégiaient des canaux de communication indirects ou des pressions diplomatiques unilatérales.
Le choix de se rendre physiquement au ministère russe des Affaires étrangères pour y défendre cette position constitue un fait diplomatique majeur. Les ambassadeurs des pays occidentaux ont, depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, rarement tenu de telles réunions bilatérales avec les autorités russes. Ils étaient le plus souvent convoqués par Moscou pour recevoir des protestations officielles ou des mises en garde.
Un contexte de tensions persistantes
Cette initiative diplomatique intervient dans un contexte où les combats se poursuivent sur le terrain. Parallèlement à cette annonce, des informations font état de difficultés d'approvisionnement en carburant en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014. La situation dans cette région pourrait peser sur les calculs stratégiques des belligérants.
Les trois capitales européennes entendent ainsi maintenir la pression sur le Kremlin tout en ouvrant une voie diplomatique crédible. L'E3, qui regroupe depuis le début du conflit certains des plus fervents soutiens de l'Ukraine, cherche à équilibrer l'aide militaire et les sanctions économiques avec une offre de négociation.
La réaction de Moscou à cette démarche n'a pas été rendue publique dans l'immédiat. Les observateurs notent toutefois que l'acceptation même de cette rencontre par le ministère russe des Affaires étrangères constitue un signal qui pourrait préfigurer une évolution des positions russes, bien que les déclarations officielles restent pour l'heure centrées sur les objectifs de guerre initiaux.
Cette séquence diplomatique pourrait ainsi ouvrir la voie à de nouvelles discussions, même si les obstacles demeurent nombreux, notamment sur les questions territoriales et les garanties de sécurité demandées par Kiev comme par Moscou.