Un concept né sur un forum
Le phénomène « Backrooms » trouve son origine sur le forum 4chan en 2019. Un internaute anonyme y a posté une image déformée d’un long couloir aux murs recouverts d’un papier peint jaunâtre et au sol verdâtre. Accompagnée d’un court texte glaçant, la photo décrivait un espace infini de bureaux vides, sans fin et sans issue. La légende associée évoquait la possibilité de « sortir du réel » en empruntant des failles dans les murs, pour se retrouver piégé dans cet univers désolé.
Un mythe qui dépasse le simple mème
Très vite, l’image et le concept sont devenus viraux. Les « Backrooms » ont engendré une véritable mythologie, alimentée par des créateurs de contenu sur YouTube, TikTok et Twitch. Des vidéos d’exploration, des récits horrifiques et des jeux vidéo amateurs ont popularisé ce « liminal space » — un espace transitionnel et désolé qui provoque un sentiment d’étrangeté et d’angoisse. La communauté s’est approprié le mythe, développant des « niveaux », des créatures et des règles, faisant des « Backrooms » une sorte de creepypasta (légende moderne partagée en ligne) collective.
De l’écran d’ordinateur au grand écran
C’est dans ce contexte qu’un projet cinématographique a vu le jour. L’auteur-compositeur-interprète et réalisateur Kane Parsons, déjà connu pour un court-métrage inspiré des « Backrooms » diffusé sur sa chaîne YouTube, a été sollicité par la société de production A24. Connue pour ses productions indépendantes et souvent atypiques, A24 a acquis les droits d’adaptation et confié la réalisation du long-métrage à Kane Parsons. Le projet a rapidement attiré l’attention du public : les premières annonces ont suscité un fort engouement sur les réseaux sociaux.
Une sortie française annoncée
En France, le film a été acquis par le distributeur Le Pacte, qui en a programmé la sortie. L’équipe de production a précisé que le long-métrage ne se contenterait pas de reproduire les codes du mème, mais chercherait à « explorer les thèmes de l’isolement et de l’absurdité » propres à l’univers des « Backrooms ». Le réalisateur Kane Parsons a indiqué vouloir « rester fidèle à l’esthétique et à l’atmosphère qui ont rendu le concept si populaire tout en construisant une narration originale ».
Des attentes considérables
L’adaptation arrive au moment où la popularité des « Backrooms » est à son apogée. Le film devra répondre à des attentes élevées de la part d’une communauté très investie, sensible à toute infidélité au matériau d’origine. Le défi pour l’équipe sera de transposer à l’écran l’horreur atmosphérique et la sensation d’enfermement propres à ce mythe numérique, sans trahir l’esprit participatif qui l’a fait naître.
Un genre en pleine expansion
Ce projet s’inscrit dans une tendance plus large d’adaptation de récits nés sur Internet, après le succès de films comme « The Blair Witch Project » ou « Unfriended ». Les « Backrooms » pourraient ainsi marquer une nouvelle étape dans la manière dont l’industrie cinématographique s’empare de créations collectives et virales, transformant des légendes numériques en objets culturels grand public.
Perspectives
La date de sortie française n’a pas été officiellement dévoilée, mais le distributeur prévoit une sortie en salles dans les mois à venir. En attendant, les fans peuvent déjà découvrir ou redécouvrir le court-métrage original de Kane Parsons en ligne, qui donne un aperçu du ton et de l’ambiance que le long-métrage devrait adopter. Le mystère demeure sur le scénario exact, mais la promesse d’une immersion dans les couloirs sans fin des « Backrooms » a de quoi susciter la curiosité des amateurs d’horreur contemporaine.