Les médecins résidents d'Angleterre, anciennement désignés sous le terme de « juniors doctors », ont approuvé à une majorité de 53 % l’accord proposé par l’exécutif, mettant ainsi un terme à une série de grèves qui durait depuis 2023. Le scrutin, organisé par le British Medical Association (BMA), a recueilli la participation de 57 % des électeurs éligibles, soit 32 932 votants. Le résultat a été officialisé ce lundi 29 juin, clôturant un conflit qui avait conduit à l’annulation de centaines de milliers de consultations et d’interventions dans les hôpitaux anglais.
L’accord prévoit une augmentation salariale de 3,5 % pour l’année en cours, avec un effet rétroactif au 1er avril 2026. Selon les autorités britanniques, la revalorisation moyenne atteindra 4,9 % dans le cadre du paquet global. Le syndicat a précisé que ce chiffre devrait passer à 6,6 % d’ici avril 2027, avant de connaître une nouvelle hausse ultérieure. Concrètement, le salaire de base des médecins résidents en début de carrière dépassera légèrement les 40 000 livres sterling, tandis que les plus expérimentés d’entre eux percevront jusqu’à 76 500 livres. Des primes pour les horaires décalés et les heures supplémentaires peuvent s’ajouter à ces montants.
Au-delà des aspects financiers, le compromis inclut la création de 4 500 postes de formation supplémentaires destinés aux jeunes praticiens fraîchement diplômés, ainsi que la prise en charge des frais liés aux examens de spécialisation, jusqu’alors à la charge des médecins. Ces mesures visent à répondre à la pénurie de personnels et à améliorer les perspectives de carrière au sein du NHS.
Des réactions contrastées mais un soulagement général
Le docteur Jack Fletcher, président du comité des médecins résidents du BMA, a estimé que ces trois années de grève n’auraient jamais dû avoir lieu. « Nous avons passé bien trop de temps en confrontation avec le gouvernement alors qu’une solution bénéfique à tous nous attendait : davantage de postes pour les médecins, de meilleurs salaires et un NHS mieux doté en personnels pour les patients, et ce pour longtemps », a-t-il déclaré.
De son côté, le secrétaire d’État à la Santé et aux Affaires sociales, James Murray, a salué une décision qui permet de tourner la page des perturbations. Il a qualifié cet accord de « bonne nouvelle pour les médecins résidents, pour les patients et pour l’ensemble du NHS ».
Un conflit national aux issues variables
Si l’Angleterre trouve une issue, la situation demeure contrastée dans les autres nations du Royaume-Uni. Au Pays de Galles, les médecins résidents sont encore en phase de négociation ou de résolution de leurs différends, sans avoir recours à la grève, concernant les salaires et les offres de formation. En Écosse, le gouvernement local a déjà vu son offre acceptée par le syndicat. En revanche, en Irlande du Nord, un mouvement de grève de 24 heures a débuté ce 29 juin à 7 h (heure locale), paralysant certaines activités hospitalières.
Profil des médecins résidents
Les médecins résidents représentent près de la moitié des effectifs médicaux en Angleterre. Ils exercent dans diverses structures du NHS, des services d’urgences aux cabinets de médecine générale. Après l’obtention de leur diplôme de médecine et les deux années obligatoires de formation postdoctorale (foundation training), nombre d’entre eux choisissent de se spécialiser dans un domaine particulier. Le changement d’appellation, de « junior doctors » à « resident doctors », avait été entériné en septembre 2024 par le gouvernement, afin de mieux refléter leur niveau de compétence.
Impact sur le système de santé
Les grèves répétées avaient gravement perturbé le fonctionnement du NHS, provoquant l’annulation de centaines de milliers de rendez-vous médicaux et d’opérations chirurgicales. La levée du mouvement devrait permettre aux hôpitaux de retrouver un rythme normal et de réduire les listes d’attente, l’un des principaux défis du système de santé britannique. L’accord conclu pourrait également servir de référence pour d’autres catégories de personnels soignants en conflit avec le gouvernement.
Prochaines étapes
La mise en œuvre des mesures salariales et des créations de postes débutera à compter de la validation officielle de l’accord par les instances compétentes. Le BMA a promis de suivre de près l’application des engagements pris par l’exécutif, notamment en ce qui concerne le financement des 4 500 nouvelles places de formation et le remboursement des frais d’examen.