Alors que Donald Trump a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi un accord de trêve avec l’Iran, ouvrant la voie à une reprise du transit pétrolier dans le détroit d’Ormuz, la France a fait savoir qu’elle était prête à mobiliser les moyens nécessaires pour accompagner cette réouverture. La déclaration émane de l’exécutif français, à la veille de l’ouverture du sommet du G7 à Évian.

« Les moyens sont en place et prêts à être engagés », a indiqué une source gouvernementale, confirmant que Paris et Londres travaillent de concert sur ce dossier. La mission internationale de sécurisation, élaborée conjointement avec le Royaume-Uni, pourrait être activée rapidement pour garantir la liberté de navigation dans ce passage stratégique par lequel transite une part significative du pétrole mondial.

Un cessez-le-feu annoncé, une signature à Genève

L’annonce présidentielle américaine, publiée sur son réseau Truth Social, a été suivie quelques heures plus tard par une confirmation officielle de Téhéran. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a précisé devant la télévision d’État que l’accord prévoit « la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ». La signature du document est prévue vendredi 19 juin à Genève. Après cette signature, « les négociations débuteront dans un délai de soixante jours en vue de parvenir à un accord définitif », a ajouté le diplomate iranien.

Le rôle de la France et du Royaume-Uni

La France et le Royaume-Uni avaient déjà, par le passé, appelé à une sécurisation renforcée du détroit d’Ormuz, régulièrement menacé par les tensions régionales. La mission aujourd’hui évoquée s’inscrit dans le prolongement de ces appels. « La France est prête à accompagner la réouverture du détroit d’Ormuz », a souligné l’entourage du président Emmanuel Macron, alors que le chef de l’État doit aborder ce dossier lors des discussions du G7. Le sommet, qui se tient à Évian, offre une tribune pour coordonner la position des puissances occidentales face à ce nouvel équilibre régional.

Le Liban au cœur des négociations

Le cessez-le-feu annoncé ne concerne pas uniquement le corridor maritime. Selon les termes détaillés par Kazem Gharibabadi, il englobe également le théâtre libanais, où l’armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth dimanche. Emmanuel Macron a réagi en affirmant qu’« un cessez-le-feu robuste et durable est indispensable » au Liban. Le lien entre la sécurisation du détroit et la stabilisation du Liban reflète la complexité des équilibres au Moyen-Orient, où les flux énergétiques et les conflits armés sont étroitement imbriqués.

Des implications économiques majeures

La réouverture du détroit d’Ormuz, passage clé pour les exportations de pétrole du Golfe, pourrait avoir un impact immédiat sur les marchés énergétiques. Le président américain a lui-même appelé à « que le pétrole coule à flots », signe d’une volonté de détente sur un front qui pèse sur les prix mondiaux. La mission franco-britannique, si elle est déployée, viserait à dissuader toute tentative de blocage ou d’intimidation, et à rassurer les compagnies pétrolières et les armateurs.

Calendrier et prochaines étapes

Les regards sont désormais tournés vers Genève, où la signature de l’accord est attendue vendredi. Dans l’intervalle, les discussions au sein du G7 devraient permettre d’affiner les modalités de la mission de sécurisation. Paris insiste sur le caractère « robuste et durable » du cessez-le-feu, condition sine qua non pour que la réouverture du détroit ne soit pas un simple répit, mais l’amorce d’une stabilisation régionale plus large.