Le marché immobilier britannique enregistre un retournement de tendance. Pour la première fois depuis le début de l'année, les prix des logements ont fléchi en mai, sous l'effet de la hausse des taux d'intérêt qui pèse sur la demande des acheteurs.
L'institution financière Nationwide a indiqué que le prix d'un logement moyen au Royaume-Uni s'établissait à 278 024 livres sterling le mois dernier, soit une contraction de 0,6 % par rapport à avril. Ce repli constitue le premier recul mensuel observé depuis cinq mois.
Un contexte de taux d'intérêt en forte hausse
Cette évolution est directement attribuée à la remontée des taux d'intérêt, elle-même provoquée par les conséquences économiques du conflit en Iran. La guerre a « fondamentalement changé » les perspectives du marché immobilier, a estimé le cabinet de conseil Savills, cité par des sources concordantes. L'incertitude géopolitique et le renchérissement du crédit freinent l'accès à la propriété.
Les emprunteurs potentiels, confrontés à des mensualités plus lourdes, adoptent une attitude d'attente ou renoncent temporairement à leurs projets d'achat. Ce phénomène réduit mécaniquement la pression sur les prix, après plusieurs mois de hausse modérée.
Les conséquences du conflit iranien
L'onde de choc du conflit en cours au Moyen-Orient se propage ainsi à l'économie britannique par le canal des taux. La Banque d'Angleterre avait déjà relevé son taux directeur à plusieurs reprises pour contenir l'inflation, mais la guerre en Iran a ajouté une pression supplémentaire sur les coûts de financement. Les marchés obligataires ont réagi en poussant les rendements à la hausse, ce qui s'est répercuté sur les taux proposés par les banques et les sociétés de crédit immobilier.
Un marché en phase de correction
Cette baisse de 0,6 % pourrait n'être que le début d'une période de correction plus marquée. Les analystes du secteur estiment que si les taux restent élevés, le pouvoir d'achat immobilier des ménages continuera de se dégrader. La confiance des consommateurs, déjà ébranlée par l'inflation et l'incertitude économique, pourrait s'affaiblir encore.
Pour l'instant, les volumes de transactions restent soutenus, mais les signes de ralentissement se multiplient. Les professionnels de l'immobilier observent une augmentation des délais de vente et une vigilance accrue de la part des banques dans l'octroi de prêts.
Des perspectives contrastées
Si les prix baissent, les niveaux atteints restent cependant élevés par rapport à la moyenne historique. La pénurie d'offre, qui a soutenu le marché ces dernières années, pourrait limiter l'ampleur de la chute. Mais l'équilibre entre offre et demande penche désormais en faveur des acheteurs, qui disposent de plus de marges de négociation.
Nationwide, qui publie chaque mois un indice des prix de l'immobilier résidentiel, n'a pas fourni de prévisions pour les mois à venir. La société s'est contentée de constater le retournement conjoncturel, sans anticiper une poursuite ou une stabilisation du mouvement.
Cette première baisse de l'année intervient après une période de relative stabilité, voire de légère progression, observée depuis janvier. Le marché avait bénéficié d'un regain d'activité au printemps, mais la remontée brutale des taux d'intérêt liée à la situation internationale a inversé la tendance.
Les prochains indicateurs, notamment les chiffres de l'inflation et les décisions de la Banque d'Angleterre, seront scrutés de près pour déterminer si cette baisse est conjoncturelle ou annonce une phase baissière plus durable sur le marché immobilier britannique.