Une décision historique pour Washington et Damas

Les États-Unis ont annoncé, mercredi 8 juillet 2026, leur intention de retirer la Syrie de la liste noire des nations accusées de soutenir le terrorisme, une classification en vigueur depuis plusieurs décennies. Le secrétaire d’État Marco Rubio a transmis une notification officielle au Congrès américain, précisant que ce changement prendra effet dans un délai de 45 jours – période durant laquelle les élus peuvent théoriquement s’y opposer, hypothèse jugée peu probable par les observateurs.

Dans un communiqué diffusé à l’occasion de cette annonce, Marco Rubio a salué « un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur ». Il a ajouté que la levée des sanctions liées à cette désignation « va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien ».

Quarante-cinq jours de préavis parlementaire

La procédure engagée par l’administration Trump prévoit que la décision deviendra automatiquement exécutoire au terme des 45 jours, à moins que le Congrès n’adopte une résolution de rejet. Aucune initiative en ce sens n’a été signalée pour le moment, et la majorité républicaine au Capitole devrait soutenir la mesure.

Les assurances du nouveau pouvoir syrien

Marco Rubio a justifié cette évolution par les « assurances formelles » reçues d’Ahmed al-Charaa, l’ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le renversement du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024. Selon le chef de la diplomatie américaine, al-Charaa s’est engagé à ce que « la Syrie ne soutiendra pas d’actes de terrorisme international à l’avenir ».

Cette annonce fait suite à une rencontre au sommet entre Donald Trump et Ahmed al-Charaa, en marge du sommet de l’Otan en Turquie, où les deux dirigeants avaient déjà évoqué un rapprochement bilatéral. Le président américain avait auparavant appelé de ses vœux un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l’absence d’avancées concrètes dans les négociations israélo-syriennes.

Un geste qui irrite Israël

La décision américaine intervient en dépit des réserves exprimées par Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes sur le territoire syrien et considère avec méfiance le nouveau pouvoir installé à Damas. Le gouvernement israélien n’a pas officiellement commenté l’annonce de Washington, mais des sources diplomatiques évoquent une certaine déception face à ce qu’ils perçoivent comme une normalisation prématurée avec un dirigeant issu de la mouvance djihadiste.

Une nouvelle ère pour les relations bilatérales

Le retrait de la liste des États soutenant le terrorisme constitue un geste diplomatique majeur de l’administration Trump envers la Syrie post-Assad. Cette mesure lève un obstacle juridique de premier plan pour les investissements étrangers et le commerce international avec la Syrie, pays en ruines après plus d’une décennie de guerre civile. Elle ouvre également la voie à une normalisation progressive des relations entre Washington et Damas, après des années d’hostilité.

La classification dont la Syrie était frappée remontait à l’époque où le régime de Damas était accusé de soutenir des groupes considérés comme terroristes par les États-Unis, notamment le Hezbollah libanais et des factions palestiniennes. Sa suppression marque un alignement de la politique américaine sur la nouvelle réalité politique syrienne, issue de la révolution de décembre 2024 qui a mis fin à cinq décennies de règne de la famille Assad.