Donald Trump a déclaré que la trêve avec l'Iran était « finie », mettant un terme à tout espoir de désescalade après des frappes américaines massives. Le chef de l'État a ordonné à ses forces de se préparer à imposer un blocus naval au large du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite une part importante du pétrole mondial. Il a également menacé de s'emparer de l'île iranienne de Kharg, principal terminal pétrolier du pays, situé dans le golfe Persique.

Les déclarations du président interviennent après une escalade militaire continue. Selon des responsables américains, les frappes menées par les États-Unis ont visé jusqu'à 170 cibles sur le territoire iranien au cours des deux dernières nuits. Ces frappes ont été présentées comme une réponse aux récentes attaques de drones iraniens contre des positions américaines dans la région. Trump a affirmé que la trêve négociée précédemment était désormais caduque et que l'Iran en avait violé les termes.

Menaces sur le détroit d'Ormuz et l'île de Kharg

Le détroit d'Ormuz relie le golfe Persique au golfe d'Oman et est considéré comme le goulot d'étranglement le plus important pour le transport de pétrole au monde. En menaçant de le bloquer, Donald Trump accroît la pression sur l'Iran mais aussi sur l'économie mondiale, fortement dépendante des approvisionnements énergétiques de la région. L'île de Kharg, située à environ 25 kilomètres au large des côtes iraniennes, abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole du pays, d'où part la majeure partie du brut iranien.

En revendiquant la possibilité de prendre le contrôle de cette île, le président américain adresse un avertissement direct à Téhéran : toute velléité de bloquer le détroit serait précédée d'une action américaine visant à neutraliser les capacités pétrolières iraniennes. Ces propos marquent une radicalisation de la rhétorique américaine, qui passe de la dissuasion à la menace d'occupation de sites souverains iraniens.

Une escalade sans précédent

Les frappes des deux dernières nuits constituent l'une des plus vastes opérations aériennes américaines contre l'Iran depuis le début des tensions. Le Pentagone a indiqué que les cibles visaient des installations de défense aérienne, des dépôts de drones et des centres de commandement. Aucun bilan humain officiel n'a été communiqué par les autorités iraniennes dans l'immédiat, mais des témoins ont rapporté des explosions près de plusieurs villes, dont Téhéran et Ispahan.

Ces frappes ont été déclenchées après que des drones iraniens présumés ont frappé des bases américaines en Irak et en Syrie, faisant plusieurs blessés légers selon l'armée américaine. Téhéran, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a nié toute implication directe dans ces attaques, tout en accusant les États-Unis de violer la souveraineté iranienne par leurs bombardements.

Un conflit aux répercussions mondiales

La menace de blocus et de prise de contrôle de l'île de Kharg soulève des inquiétudes immédiates sur les marchés pétroliers. Les prix du brut ont bondi dès les premières annonces, les investisseurs redoutant une interruption durable des exportations iraniennes, mais aussi une perturbation globale du transport maritime dans le détroit d'Ormuz. Celui-ci voit passer environ 20 millions de barils de pétrole par jour, soit près du tiers du commerce pétrolier mondial.

Les pays du Conseil de coopération du Golfe, dont l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont appelé à la retenue, tout en se déclarant préoccupés par la stabilité régionale. La Chine, premier importateur de pétrole iranien, a exhorté les deux parties à revenir à la table des négociations. De son côté, l'Union européenne a condamné les frappes américaines et la menace de blocus, rappelant que la liberté de navigation était un principe fondamental du droit international.

Des perspectives diplomatiques compromises

La rupture de la trêve par Donald Trump met fin à des semaines de négociations indirectes menées par l'Oman et la Suisse entre Washington et Téhéran. Ces pourparlers visaient à trouver une solution diplomatique au différend sur le programme nucléaire iranien et à réduire les tensions militaires dans la région. La décision américaine de reprendre les frappes et de menacer d'actions unilatérales sur le détroit d'Ormuz et l'île de Kharg semble enterrer tout espoir de reprise rapide des discussions.

Des analystes estiment que l'administration Trump cherche à forcer l'Iran à capituler sur ses programmes balistique et nucléaire en imposant un maximum de pression, y compris par des actions militaires terrestres potentielles. Cependant, cette stratégie comporte le risque d'une escalade incontrôlée, Téhéran pouvant répliquer en fermant effectivement le détroit d'Ormuz ou en frappant les infrastructures pétrolières de ses voisins.

Le secrétaire général de l'ONU a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l'évolution de la situation et a appelé les deux parties à respecter le droit international humanitaire. Il a offert la médiation des Nations unies pour tenter de ramener le calme dans la région.