Une intervention au plus haut niveau

Gérard Larcher, président du Sénat français, a adressé une lettre à Silvio Ovelar, président du Sénat paraguayen, pour demander que des sanctions disciplinaires soient prises à l'encontre de la sénatrice Celeste Amarilla. Cette dernière a tenu des propos racistes à l'encontre de Kylian Mbappé, star de l'équipe de France de football, à la suite de l'élimination du Paraguay lors de la Coupe du monde.

Dans sa correspondance, le président de la chambre haute française a indiqué avoir pris connaissance de ces déclarations avec une « profonde indignation ». Il a souligné que de tels propos étaient « incompatibles avec les valeurs de respect et de dignité qui doivent prévaloir dans une assemblée parlementaire ». Gérard Larcher a ainsi requis que la commission d'éthique du Sénat paraguayen examine le comportement de sa consœur et propose une sanction appropriée.

Les faits et leur contexte

Les propos incriminés ont été tenus au micro d'une radio paraguayenne après l'élimination de la sélection nationale face à la France, le week-end précédent. Selon les informations disponibles, Celeste Amarilla aurait déclaré que Mbappé, joueur d'origine camerounaise, ne représentait pas l'identité française et aurait utilisé une métaphore animalière en référence à la couleur de sa peau. Ces déclarations ont immédiatement suscité un tollé, tant au Paraguay qu'à l'international.

Des excuses officielles du gouvernement paraguayen

Face à la controverse, les autorités paraguayennes ont tenté d'éteindre l'incendie. La ministre française des Sports, Marina Ferrari, a annoncé avoir reçu des excuses de la part du gouvernement paraguayen. « Nous avons reçu des excuses du gouvernement paraguayen », a-t-elle déclaré, tout en précisant que des discussions bilatérales étaient en cours. Cette démarche diplomatique n'a toutefois pas apaisé les tensions, d'autant que Celeste Amarilla, loin de faire amende honorable, a répliqué en menaçant le joueur de poursuites judiciaires pour « violence de genre », une qualification originale dans ce contexte.

Une affaire aux multiples ramifications

Le président de la République, Emmanuel Macron, a également pris la défense de Kylian Mbappé, qualifiant les propos de la sénatrice d'« intolérables ». Le joueur, de son côté, a traité Celeste Amarilla de « femme méprisable » dans un message publié sur ses réseaux sociaux. L'affaire a pris une dimension internationale avec le soutien apporté par l'Organisation des Nations unies, qui a dénoncé le racisme dans le sport. En France, la justice a ouvert une enquête pour injure raciste, tandis que la ministre des Sports a confirmé le dépôt d'une plainte.

Les suites judiciaires et politiques

Alors que la polémique ne faiblit pas, l'initiative de Gérard Larcher ajoute une pression institutionnelle supplémentaire sur le Sénat paraguayen. Il appartient désormais à la commission d'éthique de cette assemblée de statuer sur le cas de Celeste Amarilla. Les articles du droit paraguayen relatifs aux parlementaires pourraient être mobilisés pour prononcer un blâme, une suspension temporaire ou même une exclusion en cas de récidive. La réponse de Silvio Ovelar est attendue dans les prochains jours.