L'armée américaine a annoncé, mercredi 8 juillet 2026, le déclenchement d'une nouvelle série de frappes contre l'Iran, au lendemain d'une première vague d'attaques. Il s'agit de l'escalade la plus grave depuis la signature, à la mi-juin, d'un protocole d'accord (MoU) qui avait mis fin aux combats directs entre les deux pays.

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a indiqué, dans une publication sur le réseau X, que ses forces avaient « commencé à mener des frappes supplémentaires contre l'Iran afin de réduire davantage leur capacité à menacer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz ». Selon le même communiqué, Washington entend « tenir l'Iran responsable de la récente agression injustifiée contre des navires commerciaux et leurs équipages civils naviguant librement dans une voie navigable internationale vitale ».

Des défenses iraniennes en alerte

Les bombardements américains ont aussitôt provoqué des réactions en Iran. L'agence de presse Mehr a fait état d'engagements de la part des défenses aériennes iraniennes contre ce qu'elle a décrit comme des « cibles hostiles » près du port de Bandar Abbas, ainsi que d'explosions dans les secteurs de Konarak, Chabahar et Bouchehr. Aucun bilan humain ou matériel n'a été communiqué dans l'immédiat.

Une trêve rompue

Cette deuxième salve de frappes intervient après que le président américain Donald Trump a déclaré, en marge du sommet de l'OTAN à Ankara, que le cessez-le-feu conclu avec Téhéran était « terminé ». Sans appeler à une guerre totale, il a évoqué la possibilité de rétablir le blocus naval contre l'Iran, de cibler ses centrales électriques et ses installations de traitement de l'eau — des menaces que des experts en droit international assimilent à des crimes de guerre. Il a également laissé entendre que les forces américaines « pourraient prendre le contrôle » de l'île iranienne de Kharg, perspective qui nécessiterait un déploiement de troupes au sol.

Un différend sur l'interprétation du protocole d'accord

La reprise des hostilités trouve son origine dans une interprétation divergente de l'article 5 du protocole d'accord signé en juin. Ce texte prévoit que l'Iran « prendra ses dispositions, en employant ses meilleurs efforts, pour assurer le passage en toute sécurité des navires commerciaux, sans frais et pour une durée de soixante jours seulement, du golfe Persique à la mer d'Oman, et vice-versa ».

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a expliqué mercredi que Téhéran interprète cette clause comme lui confiant la « responsabilité exclusive dans la détermination des arrangements pour le passage en toute sécurité des navires à travers le détroit d'Ormuz ». C'est cette lecture qui a servi à justifier les attaques iraniennes contre des navires jugés non autorisés.

À l'inverse, l'administration américaine maintient que le protocole garantit un passage sans entrave à tous les bâtiments. Selon une chronique établie à Washington, la Maison-Blanche considère que toute recrudescence des incidents militaires est imputable à l'exercice par l'Iran d'une souveraineté sur le détroit d'Ormuz, que les États-Unis qualifient de voie d'eau internationale indispensable à l'économie mondiale.

Un contexte d'attaques réciproques

Les frappes américaines de ces dernières heures font suite à des tirs de missiles iraniens de la part des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) contre des installations militaires américaines à Bahreïn et au Koweït. Cette série de représailles a conduit M. Trump à proclamer la fin de la trêve, bien qu'il ait réaffirmé son souhait de ne pas sombrer dans une guerre ouverte et suggéré que des négociations pourraient encore se poursuivre.

Le détroit d'Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial, reste au cœur de la confrontation. La communauté internationale suit avec inquiétude cette escalade qui menace à la fois la stabilité régionale et la sécurité des routes maritimes commerciales.