La situation du logement étudiant se dégrade sur plusieurs fronts. D'un côté, le réseau des œuvres universitaires et scolaires (Crous) ne dispose pas de suffisamment de places pour répondre à la demande, même pour les étudiants boursiers. De l'autre, le parc locatif privé, vers lequel se tournent neuf étudiants sur dix faute d'alternative, présente des prix largement excessifs par rapport à la réglementation, selon une enquête rendue publique mardi 7 juillet par l'association Que Choisir Ensemble.
Un étudiant boursier sur quatre seulement logé par le Crous
L'offre de logements gérée par le Crous est très insuffisante. D'après les données disponibles, le réseau ne peut héberger qu'un étudiant boursier sur quatre. Ce constat, déjà établi ces derniers jours, illustre l'écart persistant entre la demande sociale et les investissements publics accordés au parc locatif universitaire. Les affectations interviennent souvent tardivement, tandis que les résidences affichent complet très rapidement après l'ouverture des campagnes de demande.
Cette pénurie contraint la grande majorité des étudiants à chercher un logement sur le marché privé, où les prix et les pratiques peuvent s'avérer problématiques.
95% des annonces privées hors-la-loi
L'association Que Choisir Ensemble a passé au crible les annonces de logements étudiants dans six villes et agglomérations où l'encadrement des loyers est en vigueur : Grenoble, Lyon, Bordeaux, Paris, ainsi que d'autres territoires. Les résultats, publiés le 7 juillet, font apparaître que 95 % des annonces dépassent les plafonds fixés par la loi. Pire, 73 % des annonces comportent au moins une irrégularité autre que le simple dépassement du plafond.
Les compléments de loyer facturés sont jugés « très conséquents » et « peu ou pas justifiés » par l'association, qui dénonce un non-respect généralisé de la réglementation. Les montants atteignent des sommets : un logement de 18 mètres carrés peut être proposé jusqu'à 984 euros par mois, soit un prix très au-dessus du plafond autorisé.
Neuf étudiants sur dix exclus du parc Crous
Que Choisir Ensemble rappelle que, « faute de places suffisantes en résidence Crous, neuf étudiants sur dix sont contraints de se tourner vers d'autres solutions ». Ce chiffre souligne l'ampleur du recours au secteur privé, qui devient de fait le marché principal du logement étudiant, mais sans le cadre protecteur que la loi était censée apporter.
Un accès aux études conditionné par les ressources
Les dysfonctionnements cumulés — saturation du parc public et flambée des prix dans le privé — font peser un risque sur l'égalité des chances. Faute d'investissement public suffisant, l'accès aux études supérieures dépend de plus en plus des ressources familiales, selon les analyses qui circulent. Les étudiants boursiers, déjà prioritaires pour les logements Crous, se retrouvent souvent sans solution abordable lorsque les places viennent à manquer.
L'étude de Que Choisir Ensemble et les constats sur la capacité du Crous interviennent à un moment où la question du logement étudiant est régulièrement pointée comme l'un des principaux freins à la poursuite d'études, particulièrement dans les grandes agglomérations où la pression immobilière est la plus forte.