Une mise au point directe entre responsables
Le vice-Premier ministre et ministre de la Justice britannique, David Lammy, a indiqué avoir eu un entretien téléphonique « ferme » avec le vice-président américain JD Vance, samedi 6 juin. Cet appel faisait suite à des propos tenus la veille par le numéro deux de l’administration américaine, qui avait estimé sur le réseau social X que la « colère légitime » suscitée par le meurtre d’un étudiant de 18 ans, Henry Nowak, devait être attribuée à l’immigration.
M. Lammy a expliqué avoir cherché à corriger ce qu’il considère comme des inexactitudes. « Nous avons eu une conversation agréable parce que nous entretenons une relation, mais je voulais lui faire comprendre que je ne suis pas d’accord avec certains des faits qu’il avançait et lui présenter les faits », a-t-il déclaré, cité par la chaîne Sky News. Il a qualifié l’échange de « robuste ».
Un lien entre deux responsables que tout oppose politiquement
David Lammy et JD Vance entretiennent des relations personnelles notables, fondées sur des affinités religieuses et des parcours familiaux, malgré leurs divergences politiques marquées. Cette proximité a permis un échange direct, mais n’a pas empêché le vice-Premier ministre britannique de contester fermement l’analyse de son interlocuteur.
Les faits à l’origine de la controverse
Le drame remonte à décembre dernier, dans la ville anglaise de Southampton. Henry Nowak, un étudiant de 18 ans, a succombé à un coup de couteau porté par Vickrum Digwa. Les circonstances du meurtre, durant lequel la victime aurait été menottée alors qu’elle se vidait de son sang, avaient déjà provoqué une vive émotion et des manifestations. Des protestataires s’étaient rassemblés devant le commissariat central de Southampton, brandissant des images de Henry Nowak et des menottes tachées de sang.
C’est en réaction à ces événements que JD Vance a publié un message sur X, liant explicitement ce crime à la politique migratoire du Royaume-Uni. Cette prise de position a été jugée inacceptable par les autorités britanniques.
Une réponse au plus haut niveau
Dès vendredi, les services du Premier ministre Keir Starmer avaient condamné les propos du vice-président américain. Cette réprobation intervient dans un contexte où les relations diplomatiques entre Londres et Washington sont scrutées de près.
L’affaire illustre les tensions potentielles autour de l’instrumentalisation politique de faits divers tragiques, en particulier sur les questions migratoires, et la difficulté de maintenir un dialogue transatlantique apaisé sur des sujets aussi sensibles.