Une pratique dénoncée comme « inhumaine »
Des familles vulnérables, parmi lesquelles des femmes fuyant des abus, sont déplacées de force par des conseils municipaux londoniens vers des logements situés à des centaines de kilomètres de la capitale, dans les zones les plus défavorisées d'Angleterre. Cette pratique, qualifiée d'« inhumaine » par des associations caritatives, ferait l'objet d'un examen approfondi par les autorités britanniques en vue d'une éventuelle interdiction.
Selon des informations obtenues via des demandes d'accès à l'information, le nombre de personnes sans abri contraintes de quitter Londres aurait doublé au cours des deux dernières années. Des familles avec enfants auraient été relogées dans des logements bon marché et peu meublés, dans des localités comme Bolton, Blackpool et Hartlepool, parmi les plus pauvres du pays.
Ciblage des réfugiés et manque de consentement
Des associations accusent les municipalités de cibler des réfugiés vulnérables, maîtrisant mal l'anglais et peu capables de comprendre ou de contester la décision. Face au refus, ces familles se verraient en pratique contraintes de vivre dans la rue. Des parlementaires ont évoqué un « chantage » : les familles se trouveraient dans l'obligation de choisir entre le sommeil à la rue ou un déménagement forcé vers des régions éloignées.
Tensions communautaires et réactions politiques
Cette politique d'éloignement est perçue comme « déchirant le tissu social » des villes d'accueil, déjà confrontées à de longues listes d'attente pour les logements sociaux. L'arrivée de plusieurs dizaines de ces familles attiserait les divisions au sein de ces communautés. Jonathan Brash, député travailliste de Hartlepool, a dénoncé cette « expulsion délibérée de nos concitoyens les plus vulnérables ».
Vers une interdiction ministérielle
Face à l'ampleur du phénomène, les ministres envisagent des mesures visant à interdire purement et simplement cette pratique. Cette décision intervient dans un contexte de crise profonde du logement au Royaume-Uni, où la pression sur les logements sociaux à Londres pousse certaines municipalités à chercher des solutions hors de leur territoire, au détriment des populations les plus fragiles. La mesure, si elle est adoptée, constituerait un changement significatif dans la gestion de l'hébergement d'urgence.