Los Angeles se prépare à vivre la Coupe du monde de football 2026, dont elle accueillera le match d'ouverture de la sélection américaine vendredi. Pourtant, dans les rues de la mégalopole californienne, l'effervescence attendue n'est pas au rendez-vous. Interrogés par plusieurs médias, de nombreux habitants confessent une ignorance teintée d'indifférence à l'égard de l'événement sportif planétaire.

« Je ne sais même pas quand ça commence », lâche un résident croisé dans un quartier central, exprimant un sentiment partagé par une grande partie de la population locale. L'absence d'engouement populaire contraste avec le décor planté par les autorités et les sponsors : affiches XXL, présence de célébrités hollywoodiennes, dispositifs promotionnels massifs. Ce décalage entre la mise en scène officielle et la réalité du terrain interroge.

Un passant rencontré dans un bar de la ville va plus loin : « Laisse tomber, tout le monde s'en fout », assène-t-il, résumant brutalement l'atmosphère ambiante. La phrase, rapportée par des journalistes locaux, illustre le fossé entre l'ambition des organisateurs et la perception des Californiens. Le football, pourtant sport en pleine croissance aux États-Unis, ne parvient pas encore à mobiliser au-delà des cercles de passionnés.

Une communication déconnectée du quotidien

Les efforts de promotion déployés par la Fifa et les autorités locales semblent peiner à toucher le grand public. Les écrans géants, les campagnes d'affichage et la présence de figures du cinéma n'ont pas encore réussi à transformer l'essai. Dans les discussions de rue, le Mondial est souvent éclipsé par d'autres préoccupations ou par l'actualité locale.

Los Angeles, ville multiculturelle et habituée à organiser des événements de stature mondiale – Jeux olympiques, cérémonies –, ne vibre pas encore pour le ballon rond. La question de la date même du coup d'envoi, méconnue de certains, témoigne d'une méconnaissance profonde du calendrier. Pour nombre d'habitants, la Coupe du monde reste un concept lointain, malgré les panneaux publicitaires qui la rappellent à chaque coin de rue.

Un précédent qui interroge

Ce désamour apparent n'est pas totalement nouveau. Lors de la Coupe du monde 1994, déjà organisée aux États-Unis, l'enthousiasme avait mis du temps à émerger. Mais le contexte actuel, avec une exposition médiatique et commerciale décuplée, rend le contraste plus frappant. Le football américain, le basket-ball ou le base-ball conservent une place prépondérante dans les cœurs et les habitudes des Californiens.

À un an de l'échéance, les organisateurs misent sur l'effet de proximité : lorsque les matches se joueront effectivement, l'affluence dans les stades et les fan-zones pourrait changer la donne. Mais pour l'instant, le constat sur le terrain est celui d'une indifférence poli, loin de la ferveur qui anime d'autres villes hôtes à travers le monde.

« On voit bien qu'il y a des affiches partout, mais personne n'en parle vraiment », résume une jeune femme rencontrée dans un café du centre-ville. Les stars invitées pour promouvoir l'événement n'ont, semble-t-il, pas encore réussi à créer le déclic. Reste à savoir si la proximité du coup d'envoi et le bruit des matchs sauront, le moment venu, réveiller l'intérêt des Angelenos.