La maire démocrate de Los Angeles, Karen Bass, n'a pas réussi à s'imposer dès le premier tour de l'élection municipale, une situation inédite pour un chef de l'exécutif local depuis 2005. Alors que le dépouillement se poursuit, les résultats partiels lui attribuent environ 35 % des voix, un score bien en deçà des 50 % requis pour être réélue sans passer par un second tour.
Ce scrutin, marqué par une forte défiance des électeurs, reflète le mécontentement persistant des habitants face aux difficultés du quotidien. Parmi les griefs les plus fréquemment cités figure la gestion de l'incendie dévastateur de Palisades survenu l'année précédente, durant lequel l'absence initiale de la maire avait suscité de vives critiques. À cela s'ajoutent les préoccupations liées à la hausse du coût de la vie et à la persistance des campements de sans-abri, malgré une baisse officielle du nombre de personnes vivant dans la rue.
Un mécontentement palpable dans l'électorat
« Ils sont encore partout », a déclaré Peggy Clark, une comptable de 69 ans résidant à Woodland Hills, qui a indiqué avoir voté pour l'ancienne star de télé-réalité Spencer Pratt uniquement parce qu'il n'était pas la maire sortante. Ce témoignage illustre l'ampleur du rejet de la candidate, même si son principal opposant, Rick Caruso, un promoteur immobilier milliardaire, n'a pas non plus su capter la majorité absolue des suffrages.
Un précédent rompu
Les deux prédécesseurs immédiats de Karen Bass, Eric Garcetti et Antonio Villaraigosa, étaient parvenus à remporter leur réélection dès le premier tour en recueillant plus de la moitié des bulletins exprimés. Karen Bass devient ainsi la première maire sortante de Los Angeles depuis deux décennies à devoir affronter un second tour. Ce résultat intervient alors que la ville, bien qu'en phase de rebond après les profondeurs de la pandémie, peine à convaincre ses administrés de l'efficacité de sa gestion.
Le second tour, dont la date n'a pas encore été fixée, opposera Karen Bass à l'un des candidats arrivés en deuxième position, selon des projections établies à partir des résultats partiels. L'issue de ce scrutin est jugée très ouverte, tant les électeurs semblent avoir exprimé leur volonté de changement.